Symphonie pour les trouillards
Symphonie pour les trouillards
Ça prend aux tripes et tu sens tes yeux s’échapper malgré toi.
Ça cogne dur dans la cage de sang, ça pressent un oiseau affolé, des coups de becs à rogner les accords en copeaux. Le piano grince en coupe-coupe à dépulper les blanches, et ça pisse l’air faux, et ça suinte l’amer et toi t’y peux rien. Ça s’échappe et ça hurle à te rayer les tympans. T’as beau cribler les murs d’un regard qui voudrait la raison, l’agripper aux tentures, fixer le papier peint, il a déjà changé. Ça crisse le long des plinthes, ça boit le mètre carré. Ça frise l’inconvenance, ça gloutonne sans vergogne, bruyamment, salement. Toi t’es là, bras serrés sur ta poitrine à cris, à pas savoir où t’accrocher, l’œil rond, un zéro sur ta bouche en crise d’excroissance. T’as le cœur en nausées, t’es plus qu’un bloc nerveux, tes jambes s’encotonnent, il neige noir dans ta tête.
Un demi-ton. Un soupir.
Et puis vomir.

Commentaires
Romane le 04/02/2009 à 12:13:52Morte de rire ! Fallait y penser !
Moi qui essaye de faire sérieux, tout ça... et pfioupf Serge arrive avec sa gastro.
M'enfin j'adore commencer la journée par un fou-rire !
Serge le 04/02/2009 à 10:19:18
Le blues de la gastro!
ça me rappelle mon mal de tête et mes tripes sens dessus-dessous des lendemains de fête.
Excuse-moi de détourner le "message" de ton texte!