L'in-direction

Deux tiges de ferraille longues comme jusque là-bas et au-delà

Deux rails

Et le bic suspendu au-dessus

A ne savoir s’il doit y poser un corps à broyer ou un train à rouler ses valises

 

Ou peut-être les deux

En accord parfait entre mort et voyage

Le défi d’un relief ramassé sur le point d’avant-scène

 

Il y aurait un homme sans un billet en poche

Traînant ses malles de misère dans un regard halluciné

Au passage clandestin du grand saut

Et une femme aux ongles peints dans le wagon numéro treize

Cerclée d’un Corail aux portières soudées

Par la brutale confrontation de la vie à venir et de la vie à partir

Point d’impact

Ratage d’un rendez-vous sur deux

 

Match nul à rejouer

 

Deux tiges de ferraille longues comme jusque là-bas et au-delà

Deux rails

Et le bic in-directionnel  concis dans son indécision

Marque un temps sans mouvement

Un temps de grève au bord de l’Océan

Un temps de réflexion

 

Lui ne s’allongera pas en traverse de chair

Huit heures trente quatre, Elle sera ponctuelle dans sa robe d’acier

Ecrasera son visage sur la poitrine d’un homme là-bas

Au bout des rails

Tandis qu’au point de mort annoncée à tort le futur suicidé attendra le prochain TGV

Fair Play


Romane



Article ajouté le 2009-04-22 , consulté 132 fois

Commentaires


Romane le 26/04/2009 à 15:27:14
Ah non alors ! Il est bien plus intéressant de laisser d'abord la liberté au lecteur d'interpréter comme ça lui chante. Les mots prennent ainsi une, cent, mille vies supplémentaires !

Serge le 26/04/2009 à 15:23:54
...d'autant que moi, itou, j'use et abuse de l'écriture elliptique. Bon! Je n'ai plus qu'à le relire et la prochaine fois, fournis le mode d'emploi avec tes textes.
Romane le 26/04/2009 à 15:12:30
Ah ben merci Serge ! En fait, je suis assez étonnée des diverses interprétations que font les lecteurs de ce type de textes. Celui-là a une histoire assez particulière, en relation étroite avec "Le confetti" et en réalité ne traite pas du suicide, mais... de l'écriture.
Oui je sais, c'est tordu (mais toi qui me lis depuis un bon moment déjà, je pense que tu as compris que je ne fais jamais dans le simple, toujours dans les textes à tiroir)mais je ne peux pas m'empêcher.

J't'embrasse, Serge !
Serge site : http://serge.maisonnier.over-blog.fr/ | le 26/04/2009 à 15:07:50
Écriture nerveuse pour un sujet grave avec un texte qui ne l'est pas (on dirait une critique de cinéma). Chez moi, sur la ligne de Rer, environ un cas par semaine. Pour dégriser l'atmosphère je préconise la grève de la faim comme moyen de suicide, ça donne le temps de réfléchir. Sinon, ton texte est excellent, je trouve.

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