Requiem pour les cons
Requiem pour les cons
A ceux qui par désinvolture poussent la porte sans frapper
Qui vous regardent sans vous voir parce qu’ils relèvent leurs mèches dans vos yeux
Qui déversent sur vous leurs histoires en tir groupé
En prenant votre nappe pour un dégueuloir et votre cuisine pour un défouloir
Sans attendre d’autre réponse que le cirage de leur nombril
Avec leur kleenex qu’ils portent classe en tampon d’une rare élégance
Roulé en boule dans leur main fermée
A ceux qui par désinvolture vous appellent la nuit
Pour repeindre d’un coup savant de leur pinceau navrant
Les murs de votre chambre aux couleurs de la leur sans vous demander votre avis
Et changer votre lit en confessionnal
En vous jetant un bonsoir si peu du bout des lèvres
Que pour un peu vous ne l’entendriez pas tant il est inaudible
En civilité obligée pour faire joli
A ceux qui déchargent leurs poubelles dans votre service de porcelaine
Se servent de vos rideaux comme un torchon
Et couvrent de leur voix les pleurs de votre enfant dans une parfaite indifférence
A eux qui prennent le monde pour une spirale autour d’eux-mêmes
Ou pour les pions d’un échiquier soumis à leurs humeurs
Qui vous demandent de les hisser en évitant de préciser que vous resterez au fond
Parce qu’ils vous plombent en toute impunité
A ceux qui au mépris de vos propres emmerdes
Vous collent les leur en vous dépouillant au passage des quelques choses belles
Qu’il vous restait encore
Et qui s’en foutent
Et qui s’en foutent
Et qui s’en foutent
A tous ces emmerdeurs ces parasites ces impromptus qui vous ont pompé l’air
A ces démolisseurs sans vergogne de votre quatre heures et vos mi-nuits
Sans cracher dans la soupe dont ils vous ont démuni
Pour leur sans-gêne étalé à grand bruit
Leurs règlements de comptes à tapisser vos murs et vous bourrer le crâne
Pour leur aplomb que vous avez pris dans les dents
Et leur longue carrière à vous dépouiller de vos amis et de vos amours
Pour leur ténacité à vous rendre insomniaque malgré vous
Jusqu’à pourrir vos rêves
Et qui bien sûr n’ont jamais renvoyé l’ascenseur
Quand le jour est venu de vous voir aux abois
Je tire mon chapeau
Vive les cons !
Romane

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