Les uns sans les autres

Les uns sans les autres

Rime furieuse en coups portés bas

Voici le fiel du verbe sous ses airs Marie-Madeleine

Aux pieds d’un Christ opiumé

Les mots salement étalés en tapis douçâtre

Que foulent les porteurs de jarres aux serpents

Les femmes aux seins en pommes

Avec au-dessus de leur tête

Le jardin de leurs crocs et leurs cris d’affamés

 

Ils sont sourds et aveugles

Hors leur mur à orgasmes convulsifs

De chair et d’intello

Ils s’appliquent à eux comme on s’accroche à la bouée

Des chimères qu’ils s’injectent

Ils ont les bras troués

Le cœur en tranchée d’un front 14-18

La naphtaline plein la bouche

 

N’écoutez que vous-mêmes braves gens dépenaillés

Derrière vos vitres ou devant le miroir

Tandis que vous jetez au cendrier des mots

L’agonie d’un tapis brûlé par désinvolture

Et de vos pieds menus pour la millième fois

Dansez !

 

Voici le fiel du verbe sous ses airs de Madone

Dans la splendeur régénérée

De son inutilité



Romane


Article ajouté le 2009-05-15 , consulté 137 fois

Commentaires


Romane le 16/05/2009 à 18:24:34
Non non, Serge, il ne s'agissait que d'un constat fait en lisant l'ensemble des réactions qui me sont parvenues, éparpillées sur le Net. Je pose ce constat ici, en point de repère, en quelque sorte.
Il y a des textes pouvant être dérangeants ou pas, selon la perception individuelle du monde, apparemment ce texte fait réagir en fonction de ces perception. Tu vois ?

Merci à vous deux, choglamsar et toi, vos deux commentaires sont super et ouvrent à des perspectives de réflexion supplémentaires, et bien sûr, j'adoooore faire marcher ma tit' caboche.

Tu vois ?
Serge le 16/05/2009 à 18:19:39
Euh! J'ai réagi étrangement?
Perso, en poésie je m'attarde beaucoup plus sur la forme que sur le fond. Pour l'inverse, je préfère la philo. Bref, celui-ci a des petits seins en pomme, un bon gout de naphtaline et des chimères plein les bras (ça fait déjà pas mal)!
Romane le 16/05/2009 à 00:27:35
Ce texte suscite des réactions assez étranges ; il est soit détesté, soit adoré. Tout dépend du regard qu'on porte sur le monde en le lisant.

Moi j'y vois simplement une sorte de bouillonnement tous azimuts, en tout cas il est venu dans cet esprit là... en écoutant un texte assez extraordinaire, dit par Léotard.

choglamsar le 16/05/2009 à 00:21:23
Oui, écoutez-vous d'abord vous-mêmes et sachez vous surprendre de vos propres images, tendances, et réponses inattendues. Toutes ne sont pas trouées, certaines très compactes au contraire...
Serge site : http://serge.maisonnier.over-blog.fr/ | le 15/05/2009 à 19:23:31
Oui, mais les mots prennent corps parfois et le verbe, parait-il, s'est même fait chair.J'adore la métaphore des mots aux bras troués de chimères et à la bouche pleine de naphtaline.

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