You have to make the best of things
You have to make the best of thingsJe me tais parce que la traduction la pensée c’est déjà la travestir
Parce que les mots se pressent dans leur sens indécis
Dans la pluralité des interprétations
Dans le tollé qu’ils soulèveraient en écorchant ceux qu’ils voudraient simplement frôler
Ou rencontrer dans une fusion à décaper les fers rouillés des certitudes
Parce qu’ils questionnent trop
Qu’ils dérangent
Qu’ils s’arrangent toujours pour dégommer le tangible
Qu’ils errent à perpétuité
Faits de textures improbables
De paradoxes et de points de suspension
Comme une broderie qu’on n’achèverait jamais tout à fait
Je me tais parce qu’ils m’étranglent
Défenestrent l’oxygène de leurs trottoirs mal famés au point de violacer les cordes vocales
Qu’avec leurs griffes au bout des doigts ils déchiquètent la bienséance
Qu’avec leurs dents ils mordent la quiétude
Jusqu’à m’overdoser de leur frénésie paralysante
Et que ça ne se fait pas d’être indécent quand on a tant d’horreurs en fond de gorge
Ça fait clac quand ça boucle au noir la barbarie en soi
Ce champ de bataille aux multiples fronts
Et ça cogne d’un mot à l’autre
Ring en festin de coups bas
D’injures
Ça troue salement le fil sur lequel je m’étais aventurée
Ça croise le fer
Ça s’étripe et ça hurle et ça râle comme à la guerre
Eux mille contre moi, moi seule contre eux
L’ambition ne connaît pas la raison
Pauvre folle je vais à l’échafaud de l’imbécilité
Perdre la face du mutisme
Un mot déchu ne signe-t-il pas la défaite de celui qui ne l’a pas dit ?
Alors défaites-moi
Vous
Les mots
Vous que je veux écrire ou peindre ou vomir autant que murmurer
Vous n’avez pas le droit de vous laisser invaincus
Je vous veux entiers
Fiers
Jusque dans la stupidité
L’inconvenance
Le désordre !
Je vous veux dérangeants remuants
En formation continue
Anarchiques s’il le faut qu’importe pourvu !
Je ne me bats plus contre vous
Mais contre moi-même.
Romane

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