Gani Azemi - Lettres à mon voisin Serbe
Gani Azemi, juriste, diplomate, écrivain et journaliste, est le plus important lobbyiste de la diaspora albanaise en Europe.
Exilé pendant plus de vingt ans notamment en Belgique, il suit de près les événements tragiques qui se sont déroulés sur sa terre et ne demeure pas inactif : http://www.edde.eu/auteur229.html
Ici, Gani Azemi et le Président historique de Kosova, Dr Ibrahim Rugova -
Juin 2000 à la résidence officielle du Président à Prishtina, capitale de la République de Kosova.
(La Photo et sa légende m'ont été adressées par Gani Azemi - Merci à lui)
Lettres à mon voisin Serbe (éditions Mols)
Pendant les atrocités de la guerre qui dévasta notamment le Kosovo en torturant la population albanaise, les médias nous ont abreuvé d'images et d'informations, nul ne pouvait ignorer les événements dramatiques, de même que nous avons été largement informés de la tragédie du Rwanda, n'est-ce pas.
Ici, Gani Azemi écrit une série de lettres à son voisin Serbe, dénonçant le mutisme des intellectuels et bien sûr de l'ensemble de la Serbie, devant les atrocités commises au vu et au su de tout le monde. La première lettre fut écrite en novembre 1989, pendant que la chute du mur de Berlin annonçait l'effondrement du communisme dans les pays de l'Est. La dernière date de février 2008, pendant la proclamation de l'indépendance de Kosova.
Les Albanais du Kosovo ont du fuir en masse leur terre, ils sont aujourd'hui, pour ceux qui ne sont pas encore revenus dans leurs ruines, disséminés dans plusieurs pays alentours, et probablement vous en croisez ici et là, en ignorant ce qu'ils ont enduré. Nombre d'entre eux portent des traumatismes profondément ancrés dans leur âme et dans leur chair. Les tortures furent nombreuses, impitoyablement destructrices, les séquelles seront traînées longtemps après, probablement jusqu'à la fin de leurs jours. Les nouvelles générations vivent auprès de parents et de fratries abîmés, déracinées et soumises comme eux à l'indifférence administrative qui se barde de pouvoirs et n'hésite pas à faire preuve d'absurdités plantant là un nouveau décor incongru dans des vies déjà pas mal fauchées, cependant que le Kosovo tente de renaître de ses cendres malgré et pour la mémoire de ses martyrs, afin de pouvoir enfin vivre dans la décence et sans soumission, enfin reconnu par le monde.
J'ai passé une partie de la nuit à écumer le Net pour tenter de comprendre, mais que peut-on comprendre de la barbarie humaine...
Vous trouverez ici une critique rudement bien ficelée : Le voisin muethttp://www.konitza.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=24:review-du-livre-de-gani-azemi&catid=4:publications-all-articles&Itemid=35
Sur Wiki, notamment la liste des pays reconnaissant l'indépendance du Kosovo qui tente de se relever et de se tenir droit sur ses jeunes jambes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kosovo
et l'historique de la guerre au Kosovo, qui me semble pas mal détaillée, même si probablement elle ne le sera jamais complètement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kosovo
Et cet article très succinct qui ne demande qu'à s'étoffer, par lequel on découvre comment l'indépendance d'un peuple est soumise au monde entier : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ind%C3%A9pendance_du_Kosovo
D'où il ressort que nous ne faisons jamais cavalier seul, que nous sommes l'objet de regards de tous les pays du monde, et que nous dépendons sans aucun doute d'idéologies éparpillées sur le globe, pouvant représenter qui un soutien, qui une condamnation, selon qui dirige tel pays.
Je n'exprimerai rien de ce qui a déjà été dit et bien mieux que ce que je pourrais dire. Je ne puis que donner mon sentiment personnel, plutôt façonné des émotions qui m'étreignent quand je pense à notre espèce humaine terriblement ambigüe, capable du meilleur et du pire, à laquelle tout individu est doublement soumis : ce qu'est soi-même et ce que sont les autres autour de soi, les choix, les volontés et leurs conséquences.
Est-il supportable de songer que l'on fait partie de cette espèce, lorsqu'elle anéantit les siens sans l'ombre d'un regret encore moins de honte ?
Le silence des intellectuels serbes me laisse perplexe, quoique les rouages politiques et les menaces qui en découlent n'est-ce pas... mais il me semble que le devoir de tout intellectuel serait de dénoncer précisément ce qui dérange. Mais peut-être est-ce encore trop demander, même dans la tête des plus éveillés ?
Une pensée emplie de gratitude à tous ceux qui osent.



Commentaires
le 10-01-2012 à 16:56:05
Je rentre tout juste de vacances et cueille ici vos voeux. Merci infiniment, et recevez les miens, que je détaillerai tout prochainement dans un mail privé où je vous donnerai aussi d'autres nouvelles et vous ferai part d'un projet en cours d'élaboration qui ne manquera pas de vous intéresser quand vous en saurez le contenu.
A tout bientôt donc, dans la continuité de notre correspondance.
Bien amicalement,
Romane
le 05-01-2012 à 00:08:36
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes
de Noël et Nouvel An.
Je vous souhaite une très belle année 2012
placée sous le signe de la poésie, de la
littérature, du théâtre et du bonheur.
Je consulte régulièrement votre site et je voulais
vous annoncer que mon livre "Lettres à mon
voisin serbe" est publié en italien par la maison
d'édition Bianca & Volta Edizioni sous le titre
"Lettere al mio vicino serbo".
La couverture est très belle. Donnez-moi votre
avis - vous trouverez la photo du livre sur
internet.
Cette publication m'a donné l'occasion de faire la
connaissance de l'éditrice, Bianca Benedetti, qui est
une personne très dynamique et sympathique.
Elle est passionnée par la littérature et attachée à la
défense des droits de l'Homme et des droits des
peuples à l'autodétermination.
J'ai aussi rencontré le journaliste et traducteur
Marco Cesario. C'est un excellent journaliste qui,
après avoir superbement traduit le livre, a fait une
interview de moi qui a été insérée dans l'édition
italienne.
En ce qui concerne l'édition en français, je vais en
faire la promotion prochainement à Paris à
l'invitation d'une association de presse.
Je vous inviterai et j'espère qu'il vous sera possible
de faire ce petit voyage.
Amicalement,
Gani Azemi,
Ecrivain albanais
le 27-12-2010 à 11:04:25
Je vous remercie pour vos bons voeux qui me vont droit au coeur et je vous renvoie mon adresse e-mail: kicbxl_azemi@hotmail.com. J'espère que cette fois
vous déjouerez les caprices de l'informatique et que votre message me parviendra.
Amicalement,
Gani Azemi
le 27-12-2010 à 03:33:12
Cher Ami,
J'ai vainement tenté de répondre à votre mail d'hier, mais il semble que les mystères de l'informatique jouent des tours de malice et empêchent l'arrivée à bon port de mon mot de remerciement et de voeux. Aussi je passe par cet infaillible moyen de communication qu'est ce blog, pour vous demander de me transmettre éventuellement une autre adresse mail si vous en possédez une, de sorte que mes réponses ne se perdent pas dans l'immensité de la Toile.
J'en profite au passage pour vous dire combien je suis touchée de l'attention, et vous adresse ici mes voeux pour 2011. Que cette année vous apporte une foultitude de petits et grands bonheurs et toujours le plaisir du partage.
Amitié à vous,
Romane
le 14-10-2010 à 21:31:12
Amitié
le 12-10-2010 à 20:43:35
J'ai, moi aussi, beaucoup aimé le livre de Gani Azemi "Lettres à mon voisin serbe" qui est à la fois un témoignage, un essai, un chant d'amour de l'auteur pour son peuple et un hymne à la dignité de l'Homme.
Je salue ici le courage de l'auteur qui a largement contribué à la libération du Kosovo et de son peuple.
Depuis toujours, je me suis intéressée aux hommes et aux femmes qui se lèvent contre les dictatures.
Le Chinois anonyme qui s'était tenu face aux chars sur la Place Tiananmen, le résistant français Jean Moulin, la journaliste russe Anna Politovskaia, l'écrivain Gani Azemi et tous les autres sont autant d'exemples qui illustrent l'inébranlable volonté des hommes et des femmes de mener une vie digne et libre.
Les jours des dictatures sont toujours comptés...
Elodie
le 10-10-2010 à 23:17:45
Votre passage ici et le contenu spontané de votre réponse me touche et je vous en suis reconnaissante.
En effet, votre livre traite de ce sujet à mon sens primordial, car si les intellectuels se désintéressent du sort de leurs frères humains opprimés, qui se soucierait de sortir de l’ombre les victimes de toutes les atrocités engendrées par quelque dictature que ce soit ?
Si je me place en tant qu’individu lambda devant mon poste de télévision ou sur les pages en ligne des journaux informatifs, je ne puis que constater le chemin labyrinthique et hasardeux à parcourir en vue d’y trouver un récit neutre (entendez par là non soumis à quelque pression politique) des tragédies ravageuses. Il faudrait des années, voire des siècles, pour que l’Histoire se raconte telle qu’elle s’est vécue, et encore, on sait bien que les interprétations joueront toujours un rôle dénaturant encore les faits.
A mes yeux, l’intellectuel est semblable à l’artiste. C’est par lui que passe le témoignage. Il se doit d’exprimer librement sans soumission à un quelconque régime dictatorial ce que d’autres ne peuvent dire, cloués dans l’ombre. Pour ne pas les faire mourir une deuxième fois dans l’oubli, et pour dénoncer l’absurdité et la cruauté de certains systèmes.
Sensible à votre proposition, je vous rencontrerais volontiers en diverses circonstances, si cela vous est possible. Merci encore de vous être attardé ici, et d’avoir permis cet échange.
Chaleureusement à vous,
Romane
le 10-10-2010 à 21:45:25
C'est par hasard, en surfant sur le net, que je suis tombé aujourd'hui sur votre blog et que j'ai eu l'agréable surprise de constater que vous avez écrit un article sur mon livre "Lettres à mon voisin serbe".
Je vous remercie de tout coeur pour cet article émouvant et bien documenté que vous avez consacré à mon ouvrage ainsi que pour la sympathie que vous manifestez
envers mon peuple qui a connu de terribles souffrances pendant un siècle d'occupation serbe.
Je suis touché par le fait que vos interrogations sur le rôle des intellectuels
rejoignent les miennes. Quelle est la valeur d'un intellectuel qui n'essaie pas de faire connaître la vérité et de se battre pour le respect des droits de l'Homme? Peut-on encore l'appeler intellectuel lorsqu'il se met au service d'une dictature?
Je suis heureux d'avoir découvert votre blog et j'espère, Chère amie, que nous aurons l'occasion de nous rencontrer, en France ou en Belgique...
Gani Azemi,
Ecrivain