Innocence

Un, deux, trois, quatre, cinq........ Elle n'avait jamais su combien de carreaux contenait le tablier. Ils finissaient par se perdre au creux d'un pli ou au détour d'un revers. Pourtant, elle connaissait par cœur la sensation douce et râpeuse du coton contre sa joue.

Oreille plaquée contre la rondeur des seins quadrillés, la petite avait fermé les yeux, béate. Elle écoutait la voix venue de l'intérieur, ce drôle de grondement familier et rassurant qui lui donnait l'impression d'entendre le monde depuis son centre, d'échapper aux dangers.

Un temps de paix. Un temps d'innocence.

Elle oubliait alors que ce matin encore, de ses petites mains d'enfant, elle avait arraché les pétales d'une pâquerette, en se délectant d'imaginer les cris silencieux de la fleur.

Romane



12-05-2011 | 1236 vues

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Commentaires


Serge
le 25-06-2011 à 19:19:28
Ah la cruauté des enfants ! Freud avait raison...tous des pervers !
N'empêche, sympa ton petit texte !
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