La parole aux lecteurs
Eparpillés sur la France, la Belgique, le Québec, les lecteurs ont lu "Les petits mots". Ils en parlent et je n'aurais pas fait mieux. Merci à eux pour ces regards-là.* * *
Les Étrusques évanouis jadis avaient, dit-on, la volupté pour religion. Leur évanouissement n'a jamais été précisément relaté par nos historiens. Les traces splendides de leur art : la délicatesse des volumes, le grain des pigments, la finesse des formes, ces terres cuites et peintes ornant leurs palais et masures ne cessent de nous enchanter même si les sépultures de ceux qui produisirent ces joyaux sont pour la plupart profanées depuis des lustres.
Notre langue de celle étrusque ne sut capturer, pour triturer et libérer, peu de mots. Il en est un pourtant qui fréquentant le latin nous poursuit, nous est intime, explique aussi nos absences : c'est « personne ».
« Personne » c'est le masque de l'acteur. Cette face, ce visage : légués, seront sans cesse — sans que cela ne cesse — remodelés par les épreuves, les joies, les douleurs, les haussements de sourcils, le vieillissement et son sourire. Des masques nous irons en quérir de nouveaux, les appliquer, les policer ; pour affronter cette ombre qui passe, qui s'agite et parade (1) pensant ainsi camoufler nos humeurs, protéger notre personne. Ils nous joueront des tours, pensant qu'ils ne sont que superficiels : des grimaces, un air de farce ; ils entreront par tous les pores de nos visages. En retour, la personnalité faite du cortège de tous ses masques va rapidement suinter à diluer ce corps étranger ou partiel : à l'incorporer.
Le « visage découvert » ne serait-il pas cette collection de masques en mouvement qui façonne notre personne jamais aboutie ?
En découvrant les premières pages des Petits mots, immédiatement j'ai pensé aux masques, à « personne », aux Étrusques. Je me suis bien gardé de le dire : convoquer les Étrusques semblait folie : le Christian, là, il est un peu fêlé du ciboulot ! Pourtant, à les relire, surtout les premiers, l'impression – faite d'un léger mais profond malaise - ne me quitte pas.
Imageons quelque peu cela : il est des masques qui obstruent les pores, qui brident toute manifestation expressive, qui ferment. Ces masques sont facilement trouvables dans le commerce, ils sont tout blanc, manufacturés, inexpressifs, ménageant comme ouvertures uniquement celles jugées vitales. Portez-les quelques heures et vous aller suer, si vous ne pouvez l'enlever, il faudra qu'il se fissure quitte à ce que votre sang gicle à travers pour y apporter quelque couleur. Et votre sang, vos humeurs, vos cris exploseront ce satané masque blanc-bâillonnant permettant l'irruption d'un « visage découvert » indompté, bariolé. Cette farandole de masques multicolores une fois libérée est indomptable, elle se nourrira des mots expirés pour en ensemencer d'autres au fol agencement et à la germination débridée.
Ces Petits mots expirent l'intime.
Ils l'expirent en fracassant un des masques, celui qu'on s'était résigné — un temps — à porter pensant qu'il aiderait à supporter. Maintenant qu'il est en lambeau, souvenir présent, mais non masquant, les Petits mots s'en donnent à coeur joie, ils montrent leur insolence aux rimes océanes, retournent à l'enfance pour taquiner l'alexandrin et achèvent en scène l'absurdité du temps.
Romane, mes goûts souvent vont à l'épure, permets-moi, pour conclure, de citer celle-ci, un regard vers hier et ses lambeaux :
L'instant voilé
Ce n'est rien... rien qu'un voile à peine ombré traversant lentement un bribe de ma mémoire.
Rien qu'un souffle léger, baigné de tristesse, ondulant de l'échancrure du temps passé, du temps lointain qui refuse l'oubli. Une larme peut-être, glissant, fugitive, sur l'instant présent.
Alors je ferme les yeux, immobile, et me laisse déserter encore un peu, attentive à la détresse d'antan qui s'enfuit doucement.
(1)« Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing. »
W.S., Macbeth, 1606.
...
Alors je ferme les yeux, immobile, et me laisse déserter
encore un peu, attentive à la détresse d'antan
qui s'enfuit doucement.
...
Sur le fil, là-bas, l'oiseau siffle son printemps,
imperturbable.
...
Il faudra venir, faible, intimidé parce que redevenu
neuf, amnésique de tout le reste qui n'aura plus
d'importance, débarrassé des masques.
...
Sur le fil, là-bas, l'oiseau siffle son printemps,
imperturbable.
....
Il est d'incommensurables silences de glace, des neiges
éternelles aux abîmes terrifiants…
...
Sur le fil, là-bas, l'oiseau siffle son printemps,
imperturbable.
....
Alors j'écris, à la lueur fragile d'une simple bougie. La
feuille se noircit de mots. Chaque mot dégringole un
mur, enlise une rue, fige un visage. En bas, tout en bas
de la feuille noircie, je signerai d'un désert lavé. Un
désert tranquille, sans sécheresse ni mort. Un désert
d'attente du temps que je prendrai…
...
Elle dira sa poésie.
Christian Domec
* * *
.../...Je m'imagine très bien dans les Jardins de l'Alhambra, écoutant, près d'un bassin, tes poèmes. De la vraie poésie, avec des vrais mots placés là où il faut, juste parfois comme l'aiguille de l'acupuncteur ; sur les liens précis de tes douleurs de l'âme, et puis aussi, plus primesautiers - concupiscente salope lubrique !! - sur tes nombreux points G.../...
Bernard Pochet
* * *
J'ai lu la moitié des petites notes, et je garde le reste comme une bonne liqueur à siroter, une goutte par ci, une goutte par là, chaque jour.
je me décide enfin à poster un commentaire, avant d'avoir fini, car il serait vraiment étonnant que la deuxième moitié de l'ouvrage ne soit pas de la même qualité que la première.
Ce qui ressort, en premier lieu, est une grande qualité d'écriture, et derrière cela, une profondeur dans la réflexion et l'introspection. Chapeau bas! Peu d'auteurs en seraient capables, et en lisant les mots de Romane, je me sens fourmi sous le pied d'un géant. J'ai presque honte de présenter mes élucubrations loufoques. D'ailleurs, je vais de ce pas brûler tous mes manuscrits et rejoindre l'ermitage le plus proche.
Pour écrire tout cela, avec cette intensité, il faut un vécu. Douloureux, malheureusement, comme on peut s'en douter. Je pense particulièrement au film "Big fish" de Tim Burton, où le héros s'arrête dans un village dans lequel tout le monde est heureux (un bonheur artificiel, de carte postale). Un poète habite ce village et travaille depuis des années sur son unique poème, qui commence ainsi:
"L'herbe et verte, le ciel est bleu
Que c'est chouette!"
tout un programme...
Merci Romane pour ces petits mots, et un gros carton rouges à tous les éditeurs qui ont harcelé Bertrand Cantat pour obtenir sa biographie. Ils se sont certainement trompés de cible.
Lucius
* * *
Il y des cons comme moi qui sont toujours en verve et qui écrivent comme d'autres ouvrent des boîtes de conserve.
Mais vous, madame, vous êtes en état de grâce, et vos clins d'oeil furtif au génie de Éluard et aux vertus Beauvoirienne des amours outre-atlantique sont si beaux qu'ils pourraient donner l'impression aux gens qui n'ont pas de sensibilité... que j'ai de la peine à vous lire.
Alors qu'en fait, j'en ai les larmes aux yeux de plaisir lorsque je me perds dans cette idée folle que j'ai eu, ce matin, de Voulire.
Chère Romane, vous êtes une poétesse Phéromaine !
syhemalik
* * *
Romane, je m'incline, vraiment. Et très bas.
J'ai commencé ton recueil, j'ai été séduite dè la première page (que j'avais pourtant déjà lue sur l'ordi), par la qualité du papier.
Bravo Anna, cette édition est magnifique. J'aime feuilleter cet ouvrage, et pour moi c'est déjà la moitié de la valeur que je porte à mes livres. Lorsque j'achète un livre, c'est aussi pour le plaisir de l'avoir en main, de sentir le papier, de contempler la couverture... Et là, j'adore.
Et puis ces mots...je n'ai pas de mots pour les décrire...Cette jeunesse assassinée transpire dans les phrases, c'est beau, c'est fort.
Je n'en suis qu'au début, alors vivement la suite, pas tout de suite, je vais laisser reposer un peu les premiers mots, comme la pâte à crêpe, comme je le dis à mes élèves.
Merci, je ne sais pas si un jour je saurai exprimer mes fantômes comme ça, mais j'ai plaisir à lire les tiens
Hier soir, j'ai mis en scène dans ma petite tête le Vieux qui lisait son journal, Pluriels et J'attends...Comme ça, à la lecture, je m'imaginais le lire sur scène, avec une table et une chaise. Seule, avec ces mots. Avec des silences, des accélérations, des soupirs, des modulations. C'est très fort, ce sont des textes très porteurs.
Et puis j'ai lu Fracas-mémoire...e ciel bleu repeindre en ta jeunesse
Un sourire ingénu. Mon encre en deuil effleureegard enfermé s'enfuyant des détresses.
Ces mots, c'est moi.
Tu as touché mon coeur, mon âme, comme jamais je n'aurais pu le dire.
Almalo
* * *
Contre toute attente, j'ai parcouru ce livre trois jours après l'avoir reçu. Pourquoi ? Parce que en le recevant, je n'ai pu m'empêcher de m'accrocher aux premières pages. Ainsi, je me permets, moi aussi, de vous donner mes impressions sur cet ouvrage.
Comment décrire « Les petits mots » ? C'est une tache bien difficile tant ce livre est « pluriel » (tout comme son auteur bien sûr) : un savant amalgame de poésie, de textes, de nouvelles, bref, un pot-pourri de sensations, d'impressions, de rêves, de rires, de douleurs, d'érotisme, de délire…
On y trouve une plume sensationnelle qui nous raconte, parfois impudiquement, son ressenti du passé, ses envies du présent, ses rêves du lendemain. Mais ce qui étonne, ce qui dérange aussi parfois, mais dans le bon sens du terme, c'est la franchise, la sincérité, l'intégrité de son auteur qui nous livre son âme cachée derrière des mots ou des images magnifiques. Car ce recueil ne se lit pas en cinq minutes : il faut prendre le temps de déguster chaque passage, de se désaltérer avec la beauté des expressions employées, et surtout, ne pas hésiter à revenir en arrière pour tenter de capter le plus fidèlement possible l'auteur lui-même.
Les pages défilent , promouvant dans une anarchie délicieuse une multitude de thèmes parmi lesquels l'amour de l'autre, mais aussi l'amour des autres, restent des valeurs sures. On passe ainsi de l'érotisme torride d'une envie coquine à un douloureux passé, sans transition aucune, comme si ces textes avaient été posés là au hasard des réflexions et des besoins de l'auteur. C'est émouvant, c'est drôle, c'est beau, c'est hallucinant de vérités. Bref, c'est un cœur qui se révèle à vous et qui, page après page, vous donne envie d'en savoir plus.
Et puis, comme il n'est de critique positive sans avoir son penchant de négatif, je me dois de faire une seule et simple remarque à Romane : Quelques textes, cinq ou six tout au plus, reflétant sans doute le plus profond de ton âme, sont incompréhensible pour celui qui ne te connaît pas…
Au final, j'ai aimé, moi qui ne suis pourtant pas un adepte de ce genre de littérature. Connaissant ta sensibilité, j'ai voulu tenter le coup : Je ne l'ai pas regretté. Pour conclure, je reprendrai donc une expression qu'un ami m'a faite il y a quelque temps, et qui reflètera en toute sincérité mon état d'esprit vis-à-vis de ton œuvre : Si j'en étais l'auteur, je serais fier de moi…
Priskan
* * *
C'est extra ! Ton style... tes expressions... Ton écriture tout simplement, laissent entrevoir en toi l'étoffe d'une "grande"... Et je n'ai pas l'habitude de faire ce genre de louanges.
Tout vit en toi.
Tout bouscule. Tout interpelle.
Tout est beau, même ce qui ne devrait pas l'être. (Je devine combien tu as souffert... Et venant de ce papa - qui en général est ce qu'il y a de plus précieux pour un enfant....)
Contrairement à certains écrits - qui n'arrivent pas à la base de ta cheville - les tiens ouvrent l'horizon à l'infini. Quand on t'a lu, tout est encore à découvrir.
Comme je suis heureux d'avoir reçu cette perle !
Et comme je voudrais qu'elle soit davantage connue !
Pas étonnant que tu en sois à la seconde ou troisième réimpression.
Bref, j'arrête ici mes éloges. Simplement, crois-le, elles sont sincères.
Alain Garot
Savoure,ma Ro, savoure...
Ce que tu as écrit est beau, et c'était beau dès le début. La forme vient de changer avec ce livre, alors si elle met mieux en valeur ce que tu es, tant mieux (pour toi, pour ceux qui te lisent). Pour moi, c'était une évidence... Ro, tu es une évidence, tu es tellement emplie de vie...
Anna Galore
J'en profite pour dire que justement, cette page à la fin du bouquin est formidable. Et le début aussi, dans le style inimitable de notre Ro. Elle se démarque avec bonheur, avec son humour facétieux.
Donc, à la réception du bouquin, une très bonne impression : la facture est excellente, félicitations aux Editions Ka et à Anna pour le professionnalisme.
Comme dab, je feuillette, je hume... et ça sent drôlement bon. Pourtant, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé ce genre littéraire.
Alors oui, sans hésitation aucune, je pense sincèrement que je vais retirer grand plaisir d'une lecture dans les conditions qu'il mérite ce recueil.
On pourrait croire que c'est du cire-pompes à ma co-admin et néanmoins potesse poétesse, mais c'est pas mon genre.
Et puis, je dois le dire : ça m'a vachtement ému.
Oui ému, car Ro, je sais le chemin que tu as parcouru en 24 mois pour cet aboutissement qui -je le souhaite de tout coeur- n'est qu'une étape importante.
Snif. Smak.
Alors, ce book : il faut le lire puisque je vous le dit, merde !
J-P Guillaume
Depuis, il est devenu mon livre de chevet.
Encore merci Ro pour l'immense plaisir que tu me (nous) procures.
C'est vrai que je n'ai pas l'habitude de lire un livre écrit dans ce style (le style à Ro quoi), mais c'est plaisant, trés plaisant.
Moïse
* * *
Azur
* * *
Plume fine, aux contours quelquefois émaciés jusqu'à l'austérité, parfois acérées de souvenirs apparemment lourds, mais aussi légère, vive, élégante, drôle, chaude, en un mot séduisante.
J'en ai lu quelques extraits, agréable de pouvoir lire des textes concentrés.
Je continue lentement, à mon rythme, pour bien découvrir.
De la belle et bonne ouvrage, qu'une autre que toi n'aurait pu écrire.
Goupil
Chère Romane,
Surprise hier en ouvrant ma boîte à lettres! Une grosse enveloppe. Et qui
plus est envoyée par une certaine Romane. Un écrivain qu'on m'avait dit. Eh bien on avait raison! Quelle plume! Mais faut-il vraiment être passé par la souffrance pour écrire aussi bien?
Pas de place ici pour les entourloupettes neuronales comme se complaisent à en régurgiter des scribouillards autopiédestalisés, les mots jaillissent directement des tripes ou du coeur et ça sonne juste, fort, même si ça fait souvent mal. Un langage d'aujourd'hui, sans fioritures, à la métaphore efficace. Une mise à nu sans exhibitionnisme mais je suppose non dénuée de risques.
J'aimerais connaître les avis de quelques-uns qui te connaissent ou croient
te connaître. Il en est qui avaleront difficilement leur surprise.
As-tu déjà reçu des réactions?
Ne donne pas, ne vends pas tout. Conserves-en précieusement quelques
exemplaires à envoyer à des maisons d'édition de la métropole quand le
suivant sera prêt.
J'attends la suite avec curiosité.
Je n'ai pu lire à cette heure que quarante-huit pages, mes doigts tachés
d'huile fraîche en auraient maculé le papier. Et puis, ça ne se lit pas comme ça, en une traite. Il faut lire et relire pour mieux entendre ce que
tu cries. Alors, je reviens et je reviendrai sur tes petits mots.
Feuilletant au hasard je suis resté accroché à ce "Rondel à Hugo", presque
une comptine, en tout cas très musical avec de lointains échos du
Romantisme. J'aime beaucoup ça aussi.
Gros merci pour cette part de toi-même que tu m'as confiée. Tu recevras
bientôt d'autres impressions, questions, étonnements...
Michel Barthélémy
* * *
A Romane
Il y a dans ces mots
De la chair et du sang,
Des paillettes de rêve
A de l'Amour mêlées,
Des images à nuit-bleufulgurer,
Trésors à inventer pas à pas
Et combien de Beauté
Dans ces "petits mots"-là.
Qui connaît un peu Romane ne s'étonnera pas que le livre s'ouvre sur un personnage en quête de son identité dans les mille facettes du théâtre et de ses masques, comme dans celles du verbe.
Le lecteur est ensuite emporté jusqu'à la dernière phrase dans une cascade de mots-couleur, violents ou tendres, très souvent poétiques, sensuels aussi. Des flots d'ombres et de lumières qui traduisent la recherche d'un « Je » essayant de comprendre sa place dans le monde, de chutes en répits suivis de rechutes et de doutes.
Pour qui décode : un « se dire », sans pudeur affectée, des restes de l'enfance aux questions d'aujourd'hui. Une quête d'harmonie dans la plénitude de l'instant légitime, équilibre d'un moi qui n'est que dans et par les autres.
Également une tentative quasi désespérée de vaincre par les mots la distance entre les êtres que crée leur simple emploi, la quête d'une « rê(ve)alité » accrochée à flanc de foi, païenne ( ?).
Même les textes loufoques de la troisième partie ne sont , peut-être, finalement là que pour momentanément oublier ce défi.
« Je suis océans, remous, marées, déferlantes à naufrager les marins, rugissante, fière, sournoise,…j'ai vainement cherché la pointe-noyau, le centre, le verbe, la raison. »
Souhaitons lui de réussir à les trouver.
Claude Colson
merci, merci, Romane et, je dois te l'avouer, tes textes en prose sont pas mal du tout ; allez, je me violente : sont parfois très bien !
Félicitations et grand merci !
Et à Anna, Jouve et Moïse : bravo pour la couverture !
Fulmi (François Martini)
Pas facile de trouver les mots. Sur ta dernière photo, à ton bureau, c'est de l'émotion pure que je perçois, ce plaisir de l'aboutissement. C'est une belle histoire que vous offrez au fur et à mesure des « post » de ce « fil ». J'ai l'impression que je vais voir apparaître le mot fin, comme à la fin d'un beau roman, et que je vais laisser quelques minutes passer avant de refermer le livre, ou comme la fin d'un beau film et que je vais attendre quelques instants avant de me lever du fauteuil, perdu dans mes pensées. Je ne sais plus si j'ai lu, ou si j'ai écrit un jour que le premier baiser, le premier amour, le premier coucher de soleil était unique en émotion. Il doit en être ainsi pour un premier livre édité. Cependant, oui tu as raison, il peut y avoir d'autres baisers, d'autre amours, d'autre couchés de soleil.
Félicitation Romane.
Luc M.
Sans doute, existent-ils encore des humains qui ne savent pas que le livre de Romane est sorti.
Le recours à un cardiologue ne leur est donc pas indispensable.
Dans leur malheur, ils ont de la chance.
J'ai reçu l'amour en héritage.
Pour m'être nonchalamment inscrite,
Sous le balancement de ce hamac,
sur ce site,Dont le pseudo,
In Verito,
Entre les rangs de mes vignes et mes lignes de mots,
M'invite,
Geai,
Mâle, découvert un pépiement, une linotte,
Une oiselle rappelant à mon ego
De jeune damoiseau…
…Des jeux de dame oiselle
Qui,Tissant à mon nid,
Et bordant de ma couche,
Les draps quarts de sa bouche,
Viking, flibustière, pirate… Sainte nitouche,
A mon lit
Y cachant sa quenotte,
Cette souris
Pour tout trésor
Incendiant ma Sainte Barbe,
M'explosa explosive,
A ce point incisive
Que par mégarde,
J'y perdis tout mon nord.
Ô
Gitane,
cœur en votre roulotte,
Gîte
A ne plus espérer
De vos doux baisers,
Que leurs immenses morsures.
Ô
Romane,
Vous et vos petits mots
Qu'à la douleur de mes gencives
Titillent et susurrent
Maladives
Un chenal vers les Maldives,
Et quantités de chevaux pour tout écheveau.
L'île au trésor se confond dans votre chevelure,
Aliénant nos cœurs de votre azur,
Nous, pauvres marins de vos espaces,
Où les palmes se prélassent,
Odalisques ordonnant,
Vos harems de luxure.
Vos plages sont un royaume,
Vos pages nos aérodromes,
Nous dont les cockpits étroits,
Nous qui, pickpockets maladroits,
Volons l'essence essentielle de vos mots.
A court de carburants
Poussifs aéronefs volants,
Nous nous fixons sur votre lanterne,
Commandants, quémandant pour toute gouverne,
Vos désirs,
Et vos îles pareilles
Où chacun appareille,
Amoureux amarré aux merveilles
Rêvant d'à nouveau vous lire
Vous, dont tous ces petits mots,
Figurent de notre proue la lyre
Et de votre quai, nos anneaux.
Daniel Le Gourrierec
* * *
Ce petit mot pour évoquer vos "petits mots".
Merci de m'avoir envoyé votre livre si rapidement, livre que j'ai lu petit à petit, un peu chaque soir.
La première impression, à la sortie de l'enveloppe, était qu'il était gros. 300 pages pour un premier livre, c'est déjà du chêne. Puis je l'ai ouvert au hasard et suis tombé sur le poème dédié à Mathieu. "Je voudrais, à mains nues, ravaler quelques heures". C'était une belle entrée en matière, bien que la post-face du poème en attristait un peu l'aura. Et j'ai commencé le soi-même.
Que dire ? Tout d'abord que vous êtes visiblement aussi prolixe que bavarde.
Ensuite que je reste étonné de la différence de plume entre les textes en prose et ceux en vers : les textes en prose privilégient souvent les phrases déstructurées, voire les textes entiers privés de phrases "classiques" (dotées d'un sujet, d'un verbe, d'un ou deux compléments et complétées d'une subordonnée). Lorsque vous abordez la poésie, ces structures normalisées réapparaissent soudain alors qu'on pourrait penser que la versification affranchit, plus facilement que la prose, l'auteur de telles contraintes syntaxiques. Rigolo. Un exemple très représentatif, page 145 : Rêve d'Elle et Lui commence par une intro en prose toute "décousue" par des points de suspension à foison et se poursuit par deux strophes aux phrases à peine irrégulières. C'est d'ailleurs très joli.
Egalement que vous aimez la couleur blanche : tout ce qui est joli est blanc, des rêves au ventre des femmes. Au point qu'il m'est arrivé en souriant de me dire, à l'abord d'un poème : "Qu'est-ce qui va être blanc, maintenant ?"
A propos des Indiens "Alakalufs" (orthographe non garantie) du livre de Jean Raspail –très beau roman et terrible histoire– il est étrange de penser qu'ils ont été exterminés et que, des dizaines d'années plus tard, le gouvernement argentin a contraint des hommes à bâtir une ville, Ushuaïa, pour que la Terre de feu soit habitée et ne puisse être conquise par quelque explorateur étranger. Les habitants sont presque payés pour rester là-bas ! Les Alakalufs, eux, y vivaient et ne demandaient rien, même pas le bon Dieu.
Autre caractéristique de votre écriture, l'évocation à demi-mots de choses et d'autres, choses souvent tristes, que vous cherchez à ébaucher par de petites post-faces en italiques et en demi-mot, elles aussi. Or, deux demi-mots accolés ne forment pas un mot entier et le mystère reste. C'est une caresse triste.
Une caresse triste avant l'explosion charnelle, car, visiblement, vous aimez le corps, son grain et ses coins sombres, ses rondeurs et ses moiteurs, ses attirances et ses rejets. Vous aimez aimer et, sans doute, griffer. "Robe relevée" d'abord ; ensuite : "Orage et cris".
Voilà mes premières réactions à la lecture des "petits mots", que je n'ai pas encore tout à fait terminé mais dont j'ai apprécié de nombreux textes. Merci encore et bonne plume.
Alain Tchungui
C'est souvent (toujours ?) très intime. La formule "À l'homme de rien..." m'a marquée. Dur ! J'ai adoré "Je vous salue bien bas" : noir, bien amené. "Sablier", évidemment ! "Chronique de l'aube", tant qu'à faire, avec un merci pour le clin d'oeil ! Une réclamation à Afflelou ne mange pas de pain. Et puis la conne, la pute et l'inspecteur...
Bravo Romane ! C'est formidable de concrétiser. Alors, concrétise encore et encore !
Bises,
Hervé
Au-delà de la femme, au delà des ses blessures, de ses joies, de ses tristesses, de l'enfant qu'est son livre, il y a l'alchimie des mots, qui nous transportent, qui nous émeuvent, où même, qui nous dérangent. Une alchimie qui rend son livre, son oeuvre, son enfant... féconds. De quelles maladresses de l'âme peuvent naître certains écrits? C'est juste qu'elle se dévoile et se donne à ses lecteurs.
Les Petits Mots, une poésie de l'âme. Sans prétention... et pourtant: moi-même qui ne l'ai pas terminé, j'en parle. De cette manière tantôt douce, tantôt si cruelle de marier des mots qui ne peuvent nous laisser de marbre. Laissons une chance à la vie des Petits Mots.
.../...J'ai effectivement commencé à te lire. En réalité, le soir où Anna m'a donné MON exemplaire, je me suis littéralement jetée dedans, en lisant au hasard des pages telles qu'elles s'ouvraient, comme elles s'offraient : la sensation est assez proche de la boîte de bonbons : tu piques au hasard, tu goûtes, tu reconnais, tu en reprends, tu as un doute alors tu vérifies et tu tentes un autre : c'est chaque fois différent, alors tu continues. La grande différence, c'est que les bonbons, j'en mange quatre. Tes petits mots, j'en ai dévoré jusqu'à ce que les yeux me piquent. Depuis, je continue à laisser le livre décider pour moi des pages du soir. Il m'arrive parfois de relire des extraits, je les redécouvre, alors je continue. Certains de tes petits mots sont doux, d'autres sont émouvants, poignants, drôles, surprenants, la liste des qualificatifs serait bien trop longue. Alors j'arrête et je te dis simplement que tes petits mots, je les aime énormément. .../...
Un livre de poèmes.
Un livre de poésie.
Un livre de poésie de femme.
De poésie d'une Femme.
Quand je l'ai reçu, envoyé, dédicacé par l'auteur, il m'a valu quelques nuits blanches. Et puis je l'avais posé. Sur ma table de nuit. Et puis je l'ai repris en mains. Je l'ai ouvert, pour ne plus le refermer complètement, au hasard, n'importe où, n'importe quand. Ce livre ne veut pas me lâcher. Son auteur non plus par conséquences. Me voilà prisonnier d'une conduite addictive! Pauvre de moi! On me dira mais il n'y a pas que des poèmes! Juste! Mais il n'y a que de la poésie. Et si vous croyez que la poésie c'est toujours comme du Lamartine, eh bien vous n'y avez rien, mais alors RIEN compris! Parce que dans ce livre, il n'y a QUE DE LA POÉSIE! Et rien d'autre. La poésie d'une Femme de chair, de sang, de cœur, crucifiée par ses envie d'amour, par ses envies de désirs, le sien et celui de l'autre, par cet enfant qui s'envole, son enfant, par le spectacle de l'inéluctable vieillesse. Celle des autres mais aussi la sienne. Une femme vivante dans ses désirs, ses plaisirs, ses amours, amoureuse de la vie à s'en noyer dans l'océan. Une Femme qui transfigure son quotidien avec ses mots. Qui n'a jamais vécu la scène du "va prendre ta douche et viens manger"? Ben là, je suis soufflé! Fallait oser et réussir. Merci elle l'a fait. Une Femme qui plonge sans fin dans cet abîme où elle se découvre pas à pas parce que cet abîme, c'est son abîme, mieux, c'est elle. Violente autant que douce, douce dans sa violence et violente dans sa douceur. Besoin de l'autre, besoin d'elle - même. Besoin de fusion absolue dans une liberté totale. Besoin d'un absolu impossible peut être, mais non désespérant. jamais désespéré. La foi en la vie.
Et c'est beau, c'est beau à vous couper la respiration, un coup de beauté au plexus. Vous l'avez lu? Oui alors relisez le! Non? Alors lisez le et vite! De la poésie à l'état pur comme un diamant brut que la main de l'homme n'a pas enlaidit.
Il s'appelle "Les petits mots". C'est Romane qui l'a écrit. Puissiez - vous aimer ce livre et son auteur comme je les aime.
François d'Alayrac
* * *
Je voudrais en tirer une phrase que j'ai beaucoup aimée, si l'auteur me le permet. Je n'en dévoilerai pas plus.
"Moi, assise au milieu de ces ombres errantes, j'écouterais leurs mots et, prenant bien garde de ne pas les toucher, je passerais dans leurs histoires, une dernière fois avant de leur rendre la liberté."...
On touche à l'extrême, le beau, les mots qui touchent l'âme. C'est personnel, mais je voulais le dire.
Miller
* * *
Je profite d'un petit passage sur ton forum pour te dire que j'ai terminé tout à l'heure les Petits Mots (que je lisais petit bout par petit bout, pour faire durer le plaisir) et que j'ai vraiment passé d'excellents moments en ta compagnie. Moi qui suis plutôt passionnée par les romans, j'ai vraiment été touchée par tes poèmes et tes textes, qui m'ont parfois bouleversée.Vraiment, merci ! Il trônera en bonne place dans ma bibliothèque dès que j'aurai déménagé...
Ness
* * *
Chère Romane,
Ton site est déjà pas mal....
Cela dit, je t'avoue que tes "petits mots" sont bien plus que des mots. Je les prends, je les savoure.. et je dis : ENCORE !
Alain Garot
* * *
BloodyMary
* * *
Tes mots ne sont pas petits. Ils me bouleversent au point que j'ai pleuré à chaudes larmes, obligée d'interrompre ma lecture. Je vais la poursuivre dans les jours prochains. Tu as la grâce, Romane, il fallait que je te le dise.
Barnabée
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Commentaires
Slayeras site : http://ecrivain-en-sursis.over-blog.fr/ | le 06/09/2007 à 14:44:18Emue, perdue, projetée dans un Univers qui n'appartient qu'à toi mais que tu as bien voulu nous dévoiler. Ecris, écris, écris ! parle, pose ta plume sur le papier. Des "petits mots", des petits rien pour un grand tout, pour qui sait entendre. J'ai entendu ton chant, avec douceur je suis entrée dans un monde empli de poésie : ta poésie.
Jean-Louis DALÈS le 20/08/2007 à 14:18:22
À Romane…
Perles de la rosée au matin, déhiscents,
Prime déroulement de suaves coroles,
En la conjugaison de germes gallicoles …
Pruine de soie ardente, au midi, nitescents,
Frondaison versifiée, au tantôt, concrescents,
Prime ruissellement de sèves-paraboles
En la déclinaison de secrets-paremboles …
Promesses de la nuit, au soir, évanescents,
Diamant des lendemains, enchâssé au doigt d’ange,
Délaissant aujourd’hui le pommeau de l’alfange,
Ivoirine camée, améthyste, en émaux,
Caryopse des blés, drupe au nectar des neiges,
Guérissant des froideurs, en hémistiches-meiges,
Tels vivent sous mon front ivre, tes Petits Mots !
Jean-Louis
feuilllle le 11/06/2007 à 15:51:30
les "petits mots" ne sont pas des rêves, ils sont juste un peu de rêve que l'on pose doucement au dedans.
textes ou poésies, ils sont tous des phrases de la vie.
bises Romane et sourire chaleureux.
Zeno Sillaa le 07/06/2007 à 21:55:10
D'habitude ce n'est pas de la poésie que j'écris, mais là j'en ai eu envie.
Les petits mots...
Il y a ceux que j'ai lus,
Ceux que je n'ai pas encore lus,
Et ceux que j'ai déjà relus.
Les petits mots...
Il y a ceux que j'ai compris,
Ceux que je n'ai pas trop saisis,
Et puis ceux qui m'ont envahis
Les petits mots...
Ils sont à lire quand on a le temps,
Mais surtout quand on n'a qu'un moment.
Toujours simple et souvent envoutant.
Amitiés,
Zeno Sillaa