Mots-musique - A.Legrand (textes courts)


Tu, c'est je, je c'est lui. Je l'imagine sous l'arbre, entre puits de lumière et ombre-filtre, je l'imagine penser à tous ces temps qui furent siens, à tout ce temps qu'il traverse, à tout ce temps qui l'attend, latent. Je l'imagine.... écoute-le  te raconter....
Romane
Mouvance


Partant d'un port, sa nef un jour il lança sur cet océan en quête d’un nouveau monde. Au hasard des vents le poussant, il accosta conquérant sur une terre accueillante.

Lentement explorant, à la nature il s’adapta. Allant de découvertes en aventures, il goûta aux fruits de ces lieux encore vierges avant de s’enivrer au parfum d’une fleur mystère et, sur la plage, s’endormir aux bercements d’une respiration rassurante.

Grisé par le murmure des alizés, il se perdait dans la moiteur et les senteurs de cet ailleurs de rêves. Mais dans ce temps fuyant survint une saison de pluies. Changea le paysage sous les gémissements des souffles hostiles et cinglèrent en rafales les gouttes blessantes.

Voilà qu’un matin, sous un ciel de deuil, sans crier gare, une vague scélérate balaya tout sur son passage. Pris dans la tourmente, il s’accrocha aux débris de ci de là flottant dans les vagues déferlantes.

Depuis, sur l’abîme effrayant il dérive en se cramponnant à ces vestiges qu’érodent les assauts écumeux de l’instant et dans son délire, il se surprend à quémander un appui stable pour échapper à l’emprise de l’immensité mouvante.

A.Legrand

* * *


Les oiseaux de glace
 
 
A l’heure où tous les chats sont gris, des mœurs, appâts à tous prix, là, s’exposent.
De beaux oiseaux diurnes, déréglés par des maux taciturnes se posent par défaut dans le contexte nocturne et osent.

Sous le regard vigilant d’un busard ils attendent dans un jeu de hasard, l’arrivée des rats des goûts qui, des gravats de leurs vices demanderont un service à la hauteur de… l’artifice. Ainsi ils causent.

Marchandage de tout âge venu du fond des âges, il en a vu des visages et ils sont légion ceux que la luxure arrose.

Mais qu’importe ! Dans cette voie sans issue, où les cloportes se voient sous les tissus, il reste pour cacher aux autres, un zeste d’ombre les sacrant apôtres et ils sont tout chose.

Ainsi confiants en eux-mêmes, ils rôdent en évaluant sous l’astre blême et marivaudent aux antipodes d’une réalité et l’oiseau dispose.

Dans le fourreau lisse, d’un geste mâle, leur arme, ils glissent dans un râle de délices. Qu’importe si leurs ongles sur l’étui crissent, ils recommencent…et encore ! Et encore !...En d’autres poses.

Les démons en eux martèlent, font sauter les gonds de leur « moi » et ils s’attèlent à chercher d’autres « moi » en enfonçant, défonçant les portes de leur labyrinthe vicieux dans des étreintes d’un corps aux sens mort…une chose !

D’un instinct animal, ils dépècent cannibales, cette pièce de choix en payant vaillant, une lente descente aux enfers alors que dans leur tête, le bien s’oppose.
 
Et ils crachent leur sève sur ou dans le rêve en éructant des mots sauvages sur les labours d’un paysage morose.
 
Ils se retirent ensuite victorieux d’un corps à corps en regardant leur champs de bataille qui silencieux repose.
 
D’un sillon, déborde le péché. Blanc et rouge, il s’élude. Pour eux, un interlude, pour l’oiseau, une habitude. Et ils recausent.
 
Au petit matin, les rongeurs malins se retirent. Les couleurs reviennent, les chats, les oiseaux, le monde changent de mœurs pendant que les rats sous les caniveaux demeurent et se morfondent dans leur gris en enviant le rose.

A.Legrand

 * * *


Crise


Quelques notes de Pachelbel s'évaporent dans la nuit, meublent ton ennui. Un cri en écho ricoche sur les murs, t'occupe un instant puis, s'évanouit. Une sirène hurle une urgence avant que ne s'estompent les bruits. Remontent à nouveau, du fond du puit ces croches auxquelles tu t'accroches pour fuir l'heure solitaire.

S'égare alors ton âme au hasard d'un passé brumeux et tu rames hagard à la recherche d'un temps phare, là bas ! Dans les hauts et les bas de ta mémoire houleuse. Maintenant, dans les vagues de la mélodie, tu suffoques. L'antan te nargue en te suggérant des non dits sans équivoque et te voilà remontant l'Orénoque, attiré par cette mélopée que tu ne peux taire.

Dans cette jungle tu te frayes un passage à coups de mots qui cinglent comme des traits dans ce paysage de maux. Tu luttes jusqu'au vertige dans cette quête des vestiges de ton passé car tu sais que l'origine de ton mal est là ! Dans ta tête, perdu dans les méandres de tes pensées amères.

Finalement, dans ce tumulte intérieur, tu te perds en conjonctures. Exulte alors rieur un instant rapace qui en pâture te jette dans l'aire où t'attend le regret vorace de sentiments. Hurle alors ton âme dans ce dépeçage sauvage avant que l'effrayant silence ne t'aspire dans son vide et t'emporte, livide, dans un ailleurs sans repères.

A.Legrand

* * *

Passé - Présent

Accroché à la treille d'un antan, tu veilles sur un temps tout de couleurs délavées d'un printemps et qu'importe si ce dernier reste de douleurs pavé, sans cesse tu te ressasses …l'histoire.

Dans les nappes de brumes, là bas ! Plus loin dans la mémoire s'enfonce la barque du souvenir que seul, maintenant, ton regard intérieur perçoit pour toujours y croire.

Et dans ce terrible silence où le tempo lancinant d'un balancier s'impose, tu contemples, perdu dans les nues, ces fantômes qui, devant toi, évoluent. En passages rapides, ces derniers, dans ton esprit voyagent. Tu fermes les yeux, repère un visage et aussitôt dans ce vide tu te jettes par désespoir.

Bientôt, dans cette apesanteur, tes sots rêves de bonheur t'emportent dans une farandole et qu'importe si mille fois tu l'as dansée, seul compte…l'instant tremplin qui s'égrène et te relance dans de nouveaux espoirs.

Dans ce vertige hors du temps, des larmes à aucun moment tu ne te préoccupes, pour toi, c'est l'extase et tu t'y accroches…insistes et encore et encore jusqu'à ce que la magie s'évapore et dans ton infortune te laisse choir.

Quatre murs gris, un tempo allant crescendo dans un silence abîme et tu restes là à pleurer sur un passé qui, lentement, dans le brouillard disparaît. Perdue, ton âme crie dans le noir.

A.Legrand

* * *

Après tout

Depuis des jours et surtout des nuits, en pensées, ton âme sœur tu dessines. Prenant appui sur tes émotions, ta dame de cœur tu affines en te disant pour t'encourager…patience !

Indécis, longtemps tu tergiverses sur les traits. T'occupent un temps les cheveux longs, courts, avant que leur couleur et ton humeur ne te bercent. Ensuite, le visage te préoccupe. Le nez et les yeux,…les yeux ! Oui ! Le regard te semble subitement le plus important. Alors tu jettes tes idées dans l'oubli et recommences.

Les yeux ! Sombre ! Pour te perdre dans des mystères que tu t'imagines déjà et qui par conséquent n'en sont plus. Bleu ! Comme l'azur, toi épris de liberté tu les aimerais ainsi mais seras-tu encore libre par la suite ? Noisette ! Non ! Trop commun, ce choix ne t'inspire pas. Vert ! Regard de chatte avec, bien sûr, toutes ces images qui déjà se bousculent tu optes pour, d'autant plus que cette couleur plaît à maman, là ! Tu cherches de l'indulgence.

Voilà qu'un coup de vent dans tes pensées brouille ta copie et sans savoir pourquoi, tu esquisses un corps. Même dilemme qu'au début. Froissé, ton esprit devient brouillon, une nouvelle fois tu rejettes comme en sentence.

Puis une nuit, comme tombant des nues, tu te dis qu'une déesse sans esprit tu ne saurais aimer et voilà que tu t'exhortes sur le trait… de caractère qui devrait faire toute la différence

Et puis un jour, là ! En un battement de cœur, tu sais que c'est elle que tu cherches, que tu attends, de qui tu rêves et qu'importent toutes les différences, tu vas vers elle en toute confiance.

A.Legrand

* * *

Ombres chinoises

Un déplacement d'air, une respiration caresse le grain de la dune. Doucement, sans en avoir l'air, des sensations naissent et frissonne une fortune en anticipant une certaine aventure.

Maintenant, dans la nuit américaine, s'animent des ombres chinoises que, sans peine, des rais malins toisent dans l'écho d'étranges murmures.

En nombre croissant, des plaintes d'éclats luisants se dissimulent dans la pénombre où, un temps gisant prend un battement de recul avant de se cambrer et s'offrir à la mesure.

Sous la canopée artificielle, danse le désir et s'unissent les corps au rythme d'une mélopée au son miel. Plaisir des sens sur l'instant qui glisse sans remords vers le futur.

Soudain ! Un cri, d'autres mots en diapason se répandent à la seconde ruisselante et les ombres, en assaut, s'entrechoquent sous ce souffle chaud qui les sentiments consume. Silence maintenant sur les décombres d'une ambiance qui encore évoque un moment que rien ne vaut et l'on se rassure.

A.Legrand

* * *

Délire

Quand arrive la nuit, lentement dérive ton esprit. Sous l'emprise invisible d'un courant chaud ou froid, tu te laisses emporter, bien malgré toi, vers des lieux purgatoires où seules errent les âmes en peine.

Tu en as encore conscience mais, rapidement, par les remous exhumés, les souvenirs cloquent à la surface de tes faiblesses et avant même que tu ne t'étonnes, ils t'éclatent à la face…lever de rideau sur ta scène.

Images flashs, visages tout de sourires t'attirent dans un paysage émouvant et bien sûr, tu te laisses aller. Le réel disparaît derrière de curieuses brumes, tu ne prends pas garde et perds pieds, voilà que tu délires. Pour toi, une aubaine.
Dans cet autre monde, tu écoutes des rires et autres éclats de voix mêlés à des phrases décisives qui en écho se répètent…se répètent jusqu'à ce vertige qui, plus loin dans ta folie, t'entraîne.

Depuis le début tu pensais aller vers un atoll, en somme avoir un beau rôle mais voilà de rêves en déceptions, dans les tourments des incertitudes, apparaissent ces récifs contre lesquels ton âme se meurtrit et maintenant, qui te sortira de cette arène ?

A.Legrand

* * *

La dame en noir

Dans la petite ville, passe tranquille, un rêve délicieux. Une audace sous les cils, un parfum subtil et se lève un sentiment…ah ! Ferme les yeux. Imagine !

Maintenant, dans le gris de ta vie, l'instant que tu réclames à grands cris…muets, t'envahit. Tanguent les fines dentelles noires dans tes pensées. Tu t'accroches, veux y croire. Baisse les paupières. Suis l'ondine !

Longs cheveux noirs, en boucles, s'animent léger jusqu'à la chute…des reins. Soupirs ! Dans ton soir sans but, tu veux sauter dans l'abîme des sens alors, tu devines.

Arrivée dans ton désert comme un mirage aux heures les plus chaudes, elle s'est glissée dans ton âme. Depuis, de merveilleuses sensations te minent.
Tu n'as plus de choix. Si tu veux la garder, il te faut vivre et souffrir…juste ton chemin de croix à lui offrir en versant tes paroles latines.

Et puis ! Et puis un jour, dans la petite ville, le parfum subtil tu sens et sous les cils, un pays magique s'étend. Sur un bonjour cristallin déjà tu pleures. C'est sans doute de bonheur alors, La suite !...imagine !

A.Legrand

* * *

Résignation

Las, dans l'encre de la nuit tu trempes tes yeux et tu traces en blanc l'esquisse d'un sourire inventé. Un regard t'occupe, te préoccupe. Il te fixe. Aimant il t'attire.
Je t'aime ! Murmures-tu sans t'en apercevoir dans un instant de désespoir, un instant avaloir, un instant…va savoir ! Soupirs au plus fort du récent souvenir.
Clignements de paupières, l'image maintenant entière s'anime. D'un geste incontrôlé tu mimes, oui ! Là ! Dans le noir abîme à ton élan tu la vois sourire.
Un immense bonheur monte en toi, alors tu insistes. Encore un tour de piste auquel tu t'accroches en t'enivrant des croches de l'artiste. Oui ! Ferme les yeux et aspire.

La musique ! Tu l'entends notes saxo dans la solitude cruelle d'une ruelle au pavé luisant de sentiments crevant d'infortune sous une lune que rien ne devrait salir.

Mais tu en es là ! Ta planète n'était qu'une comète. Dépassé son ennui, elle te laissa à ta nuit de glace. Ainsi pour te réchauffer, d'un temps révolu tu veux te vêtir.

Au rythme cardiaque tu avais cru que…Et bien non ! Il ne restera que la marque d'un, il était une fois, qui, de temps à autre, lacèrera ton émoi. Juste ! Juste parce que tu veux souffrir.

Allez ! Réveille toi ! Ce n'était qu'un beau rêve et bien que pour elle tu crèves, dans ce nouveau jour qui se lève tu n'as d'autre choix… laisse la partir !

A.Legrand

* * *

Sirène

Des brumes mystères du large, sortent les blanches frises. Sur l'écume, comme à Cythère, il t'apparaît en gage une sirène chantant dans le Gulf Stream de l'amour et tu…dream.

Dans le golfe se love la mélodie et tu…love. Envoûté par la voix cristalline, tu vas vers ce chemin de croix en âme câline et déjà tu mimes.

Oui ! Tu mimes les gestes qui se referment à chaque fois sur l'impalpable mais qu'importe, dans ton abîme béant entre leste cette mélopée en rien semblable. Et tu profites du reflux des rêves pour aller, l'espace d'une vague, vers Eve et croire…même à l'infime.

Mais ce ne sont que coups de dagues qui te meurtrissent et tu divagues. L'âme sur l'impossible glisse. Maintenant ton corps s'agite. A l'instant fort du mythe, tu gémis et tombe dans l'abîme.

Change de registre, tu vas vers les abysses. Tu coules et aimes. Voilà que tu souris car dans le flou du songe meurtri, le doux mensonge à toi se noue et tu remontes…remontes. A quoi cela rime ?

A la surface des flots bleus, clos toujours les yeux, tu te laisses bercer par l'imagination dans un effort ultime.

A.Legrand

* * *

Défloraison

A l'heure complice, sur les blondes dunes baignées par un clair de lune, court passante une brise. Avec malice et tout en caresses, cette compagne nocturne envoûte et grise ce paysage qui, sous la voûte sage, en douce paresse attend.
Dans la nuit charmante, sous une chaleur oppressante, se pâment les âmes encore indécises et dans ce temps ralenti s'élève comme un répit, une trêve, un murmure qui dans les cœurs se répand.

Trempant tes yeux dans l'encre de la nuit, tu esquisses les contours de cette terre inconnue avant de fouler l'assise blanche qui se plisse, se froisse sous ton ombre qui s'étend.

Par craintes d'imprévus, sur le terrain nu lentement tu progresses. Bientôt tu t'appuies contre ce relief qui vers les nues se dresse. Emu tu fais une pause et ravale ta salive en attendant, l'esprit en cavale, ce désir qui te rendra pressant.
S'en est fini des douceurs tu deviens fauve et au plus près de ta proie tu savoures l'instant à venir. Aux senteurs tu te loves, croît ainsi un battement lourd que maintenant tu entends.

D'une main presque indélicate, la chaude terre tu explores. Rôdent les pensées sous un ciel qui implore et encore, et encore…Arrivé dans le val, tu trouves un lys qui pour toi comme en accueil, s'ouvre. Tu hésites et finalement cueilles la fleur avant qu'une larme couleur sang sur le sol blanc, se rend.

Un cri, des vibrations… Sacrilège ! On ne bafoue pas impunément les terres vierges. Tu t'accroches, te cramponnes et monte une clameur qui te surprend là, noyé dans un sortilège qui entier te prend.

A.Legrand

* * *

Obsession

Dans la grisaille de tes jours sans, t'assaille, toujours passant, cet il était une fois qu'à chaque fois, tu cherches à retenir.

S'évapore l'image avant l'instant le plus fort et tu cours derrière le mirage, cherchant avec rage à dépasser un temps tronqué en poussant des soupirs.
A l'histoire de Vérone, tu aspires sans savoir qu'avec elle sonne un pire mais qu'importe, elle t'inspire alors tu restes là à languir.

Dans la course du temps, tu t'inventes une suite qui aurait dû être avec pour seule ressource cet antan que tu incantes dans ta fuite en avant pour mieux ressentir.

Les vagues d'amertume minent ton âme chaque soir. Et tu divagues, écumes sur cet infâme qui ravine l'espoir. Rempart sournois, le regard des autres, en sentence, met fin à votre romance, sans avertir.

Depuis, dans ton désert tu cries son nom qui, emporté par les gémissements se perd en toi. Toi qui, sur l'histoire cherche toujours à revenir.

Tu ne tiens plus, tu veux savoir si heureuse elle est. Par désespoir, tu fabriques des excuses…pour la revoir. Et à l'instant magique, tes larmes t'accusent d'une évidence, tu l'aimes à en mourir.

A.Legrand

* * *

Songe - Espérance

Au temps qui cause en tic et tac, tu opposes tes espoirs balbutiants de hic en vrac. Ainsi dans la mesure gloutonne, sans cassures tu entonnes comme une litanie ta mélancolie qu'une crainte déjà essaime.

Pivot de tes pensées, une aventure, lentement, se dessine à cœur secret. Au crayon des rêves, la minute merveille grave dans ton émoi en éveil une grâce passante qui te regarde, te sourit. C'est peu de choses mais dans le creux d'un instant morose tu y trouves le garde - fou qui t'empêche de tomber dans les vagues amères que rien ne pourra taire. Battements magiques, à quelque part, déjà tragiques, dans ce moment de langueur tu t'accroches au bastingage de l'espoir qui, en gage te laisse croire à l'amour comme thème.

Depuis, au nombre de fois que tu t'es repassé l'action, dans l'ombre et le froid sans te lasser, en émotions crescendo tu portes en fardeau léger ce songe et qu'importe si des maux te rongent, maintenant tu aimes.

L'étoile qui luit interprète un lever de rideaux et toutes les nuits tu répètes la scène sur les vaines tentatives que tu sèmes.

Et puis, à l'usure, le temps te livre en pâture. Tu commences par oublier certains détails et veux crier au matin qui t'assaille, ton refus de l'oubli qui essaime.
D'autres nuits, pas de répétitions, l'ennui t'occupe par manque d'émotions. Que se soit subterfuge ou cache refuge, le songe en mensonge t'invite à revoir le quotidien blême.

Finalement tu te perds dans le chemin brumeux du temps. Tu as cru dur comme fer aux lendemains heureux à tes dépens. Maintenant, change de thème.
Oui ! Il était une fois, une seule fois, un soleil suivi d'une éclipse et depuis, quelques fois encore, dans les instants de désarroi, tu veilles à ne pas partir en ellipse tourner autour de l'astre qu'en silence, toujours tu aimes.

A.Legrand

* * *

L'hère du temps


En trompe l'œil, quelques carrés de pelouses en vert écueil endiguent la marée blues. Tu ne le sais pas mais il y a longtemps que tu n'es plus qu'un paraître.
Ainsi, ton ombre évolue dans le bruit du silence où, sans encombre, un temps révolu, comme une sentence te renvoie d'étranges signaux qu'il te semble reconnaître.

L'écho de la solitude en flash te fait parvenir en images inversées un passé que ton âme en servitude, au souvenir arrache et tu crois, à l'instant aveuglant, renaître.

Noyé dans la multitude de tes semblables, tu cherches un foyer de quiétude impalpable pendant, qu'invariable, le temps tueur règne en maître.

Il est loin ce rire qui là, te berce, il est une seconde plus loin, ce visage que tu caresses. Un battement plus tard, il est trop tard, de la main tu as voulu l'atteindre, sur le chemin tu es en train de t'éteindre, la vie quitte ton être.

Et défilent les instants chéris sur une larme qui file. Tu es partant pauvre hère et tu souris, ta seule victoire sur le temps amer que tu envoies paître.

A.Legrand


Article ajouté le 2007-06-20 , consulté 292 fois

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