Portraits sur ligne - Zoé
Elle est là. Simplement elle est là, avec son rire latent, avec son cri étouffé, avec sa patience que brode l'instant du pas le choix, avec sa pétillance et ses doigts, comme des branches tendues vers les miens aux branches tendues vers elle.A nous deux, nous sommes déjà presque une forêt !
Zoé, rencontre 2007.
Romane
Dis, Papa...
Bien sûr, maintenant tu sais que je pense à toi souvent, mais tu vas sans doute être surpris par cette lettre bien que ce soit ton anniversaire. Enfin virtuellement ce serait le quatre-vingt treizième…En dehors des cartes postales convenues des vacances, il y a longtemps que je ne t'’ai gratifié de ma prose. Lorsque j’écrivais, pensionnaire, il y avait toujours un petit passage pour toi ; mais une grande épître spontanée, rien que pour toi, je ne l’ai jamais rédigée. Il était tacitement et généralement entendu que l’écrivain c’était Elle. Dès cette époqque, Elle a filtrecodé le contenu de nos relations, étendant le procédé à toutes celles qui m’étaient à venir, j’étais si candide. Et pourtant…
Les choses importantes que j’avais à dire à des êtres chers, je les leur ai toujours écrites. Lorsque j’étais loin de la maison, tu ne peux pas savoir le plaisir que m’ont procuré tes petits mots griffonés sur des billets de fortune ! La tendre et très simple sollicitude de leur contenu contrastait tellement avec ses missives qu’ils accompagnaient à l’occasion si modestement, mais si chaleureusement à mon cœur.
Et si, aujourd’hui, je m’autorise la forme de cette lettre ouverte, c’est parce que je sais ton admiration et ton respect pour la chose écrite. Admiration un peu intimidée autant que sincère de qui a dû quitter trop jeune une Ecole vénérée. Point de forfanterie ni d’exhibitionnisme convenus, cette singularité, tant à l’égard de ta souche maternelle que, plus tard, envers ceux que tu as nourris, tu l’as vécue dans la modestie sinon le secret. Le dernier livre que je t’aie vu dévorer avec passion fut cette biographie de Marie Curie que tu m’avais réclamée alors que tu étais déjà malade. Pourquoi ne t’avais-je pas proposé mes services auparavent ?… Je n’y avais, bien sûr, jamais songé. J’attendais toujours quelque chose de toi qui m’avais, dans la mesure de tes modestes moyens, toujours gâtée sans condition.
Je n’ai rien oublié de nos moments de complicité, de nos jardins secrets qui avaient la dimension des vastes collines boisées qui entouraient le village. Chaque saison renouvelait le prétexte de nos balades : trouver les meilleures châtaignes, me dévoiler tes coins secrets pour les morilles ou le muguet ; souvent il s’agissait simplement de ma santé… Elle, Elle s’en fichait bien. Heu…Elle faisait sa correspondance. Et, à mi-chemin de ces après-midi de marche quasi silencieuse dans la connivence, nous avions notre halte gourmande, à La Demi-Lune, dans une sorte de petite guinguette souvent déserte. La patronne était charmante, nous dégustions : toi, ton « ballon de rouge » et moi un très gros rocher en chocolat, souvent deux ! Tu parlais travail, clients… C’était la même cérémonie, le samedi soir au bourg, lorsqu’Elle faisait ses courses. Longtemps j’ai sacrifié à ce délice qu’Elle m’interdisait. Plus tard Elle m’a eue. Ses « nourritures spirituelles » se sont faites plus convainquantes et l’attrait de la librairie l’a emporté sur celui du chocolat. Et notre complicité s’est étiolée déjà…
De temps à autres, on allait à la chasse chez Emile. Ah, Emile ! Il était riche lui, il avait des terres lui… Mais il ne chassait pas. C’était chouette, surtout les deux dernières années, c’était juste avant la rentrée, juste avant que je ne rentre à la « Boite ». Je ne t’ai jamais dit que j’y emportais les parfums âcres et suaves de l’humus des sous-bois, du velours moite de tes vêtements, du cuir de ta gibecière imprégné du sang frais des animaux… C’était très incongru et délicieusement provoquant au milieu de ces cinquante lits proprets recouverts de la même cretonne…C’est bête, mais je ne t’ai jamais dit combien tu m’avais manqué là-bas, combien je m’étais sentie déplacée dans cet univers de vieilles bigotes. Et puis un samedi je suis rentrée et tu m’as dit qu’on n’irait plus à la chasse ; le dimanche précédant, faute de gibier suffisant, quatorze abrutis avaient tiré sur une biche… Tu as parlé de sauvages, je crois…Alors nos occasions de balades se sont encore espacées.
Il y a encore eu quelques vacances d’été. Elle disait qu’il était temps pour moi d’apprendre les tâches ménagères. Comme si je ne devais pas, depuis belle lurette, encaustiquer le couloir et la salle aux planchers pleins d’échardes. Et puis, ça je ne te l’ai jamais dit non plus, éplucher les légumes lorsque, petite, je rentrais de l’école, un mot m’attendant sur le coin de la table avec mon pain d’épices : « à jeter après lecture »… Elle avait ses réunions, la « Ligue ». Tu te souviens : lorsqu’Elle prononçait ce mot, son torse se redressait, son faciès se figeait de solennité, son ton perdait tout enjouement. Elle se trouvait in petto entourée de ces dames à particules dont les noms s’épanouissaient dans sa bouche, plus onctueux que les Jurançons de sa jeunesse, aussi gaillarde que reniée.
Alors, chaque fois que j’ai pu m’échapper, je t’ai accompagné sur tes chantiers. J’aimais bien t’écouter chanter, c’était attendrissant car tu roulais les « r », c’était désuet et délicieux, tu avais un timbre si doux, si moelleux. Et puis avec toi, pas de leçons de morale, tu ne m’as même jamais parlé de la petite fille et de sa mère que tu avais perdues lors du « Débarquement », alors qu’Elle et sa Première fille !… On riait comme des fous ; parfois, tu hélais une passante du faîte d’une toiture et, toi aussitôt recaché sur l’autre pente, je m’embusquais derrière la cheminée pour la regarder se désarticuler le cou à chercher d’où venait l’appel ! Tout cela était bien innocent.
Plus en tout cas que tes copains de bistrot, et Dieu sait s’ils lui faisaient horreur : enfer et damnation ! Note que moi j’en avais un peu peur du bistrot lorsque, passant en bicyclette, je te savais dedans. Pire, il m’est arrivé de devoir aller y chercher une babiole prétexte lorsqu’Elle t’y savais présent, un peu trop longuement à son goût. Un peu « parti », parmi tes copains, je ne te reconnaîssais plus. Ta connivence veule avec l’horrible gros René, le tenancier, me terrorisait : je me sentais alors désavouée. Souviens-toi, il disait ostensiblement en me désignant : « tiens, la fille du curé ! » ? J’aurais voulu disparaître. Et toi tu ne disais rien, tu te marrais stupidement. Là je t’en voulais, c’est sans doute la raison qui m’a fait prendre son parti, quoi qu’il m’en ait coûté ensuite.
Bien plus que toi, j’ai dû subir ses causes et ses boucs émissaires. Toi tu rentrais fourbu ou bien, de temps à autres, éméché ; tu écoutais les « informations », la « minute de Saint-Granier »…et, dès la fermeture du « Poste », le relais se faisait instantanément. Sa fougue oratrice s’enflammait pour le thème du jour : la cave du presbytère qui, de ce fait, menaçait ruine (la toiture, c’était pour ta pomme) ; la fille de Machin qui allait mal tourner ; la pauvre mère Trucmuche qui ne touchait pas de pension, mais à qui, sans vergogne, Elle faisait laver ses draps à la main ! Ce n’était pourtant pas faute que tu lui aies proposé une machine à laver : « Quelle horreur cet engin pour paresseuses ! »… Elle était Conseillère, membre du bureau d’aide sociale – Tu te rappelles aussi quand Elle a refusé la charge de Maire ?
Le plus souvent tu parvenais à la calmer, très momentanément, exception faite du dimanche. Le dimanche, c’était particulier : apéro le midi, une bonne bouteille en jouant aux cartes lorsqu’il y avait de la visite, en plus de l’ordinaire… Arrivé le soir, Elle insistait : « Si, si, mon Jeannot, tu vas reprendre un petit apéro, c’est dimanche ! ». Déjà que le midi tu avais dû patienter une bonne heure au-delà de la messe durant laquelle tu surveillais la cuisson du poulet ! Elle avait toujours tellement de choses urgentes à dire à ce bon monsieur l’Abbé…Moi, je me rendais compte que le dimanche soir aurait pu très bien s’achever sans cet ultime apéro qu’au reste tu ne demandais même pas…Et bien Elle, non. Et c’est ainsi que nombre de dimanches se sont terminés dans un climat de tension farouche…
Tu te souviens aussi de la répugnance qu’Elle affichait violemment à l’égard des sentiments manifestés par d’autres qu’Elle-même ? Que d’hystéries n’a-t-Elle pas dénoncées ? Et toujours ses revendications d’orgueilleuse indépendance, alors que sa subsistance même dépendait de toi…En fait j’ai compris depuis, mais si tardivement, à quel point Elle méprisait l’humanité toute entière. Elle a réussi à donner le change encore longtemps après que tu nous aies quitté. Et patatras ! Voilà qu’il y a trois ans la façade s’est effondrée. Et tous de se montrer sidérés : « comment est-ce possible une femme aussi intelligente ? ».
Et aujourd’hui, je te revois vrillant ta tempe de ton index puis haussant tes épaules navrées autant qu’impuissantes à contenir le flot de ses vociférations. Petite, je ne comprenais pas. Adolescente, j’ai pris son parti. Pense un peu : une femme comme Elle, Elle était si malheureuse avec un homme tel que toi… Après, j’ai été lâche… Lâche jusqu’à te laisser entre les mains de ce médecin « bien pensant » qu’Elle vous avait choisi et qui a refusé de t’administrer des antalgiques majeurs une semaine avant ta mort, sous le prétexte que tu ne criais pas, toi un trachéotomisé !… Aujourd’hui ce triste sire doit militer contre l’avortement, c’est son fond de commerce !
Et donc tu nous a quittés. Alors seulement j’ai compris…que je serais seule pour faire la route et que plus jamais personne n’aurait pour moi cette sollicitude pleine de tendresse. Dans les moments de désespoir, je me remémore ta phrase fétiche en pareille circonstance : « un jour, je prendrai mon balluchon et je m’en irai tout droit devant moi. ». Mais tu n’es parti que pour le grand voyage. Oh, on s’est encore bien compris, lorsqu’il a été question de nouvelle opération. Tu m’as dit que tu ne voulais plus, que tu voulais finir tes jours là, sous ton cerisier, en paix. Ca m’a fait mal, mais j’ai compris, tu étais au bout de ta route. Je ne sais pas , le temps venu, ce que je déciderai, ni si j’en aurai seulement l’occasion.
Depuis, j’ai pas mal erré, surtout dans ma tête ; jusqu’à ce soir d’hiver il y a trois ans, où cette brave vieille télé, par le biais d’un téléfilm anglais, m’a ouvert les yeux sur ce spectacle interdit que je connaîssais si bien. Sa douleur, son mépris ont pris sens enfin. Heureusement pour moi, il était encore temps de la questionner. Elle m’a semblé soulagée sur le moment, mais bien vite son esprit s’est désintéressé de ce réel qu’Elle ne contrôlait plus. « Démence sénile » ont diagnostiqué les médecins. Sénile, sénile… et si j’avais pu entrer en analyse dans ma prime jeunesse ?…
Voilà où j’en suis, mon Papa. J’aime toujours autant le parfum des sous-bois, le bon vin et le rugby. Et si j’ai le plaisir de t’adresser cette missive c’est un peu grâce à Elle, malgré tout, qui m’en a imposé les rudiments et la discipline, qui mieux que toi pourrait le comprendre ?
Je t’aime
Zoé - Le 6 Août 2000.
* * *
Un Prophète
Certains soirs, un peu après minuit, il apparaissait
Tel un négatif la pénombre le révélait soudain à nos yeux
Et son pas silencieux était comme une danse impalpable
Fi de barbe et de keffieh, ces accessoires surannés s’étaient accrochés aux branches des pins des pentes enneigées de son djebel oriental
Comme en chaque enfant de l’amour, ses yeux avaient des reflets de bonheur taquin qui illuminaient nos nuits et enchantaient nos cœurs
De ses lèvres délicates le réconfort naissait, un mot de lui et s’envolait notre angoisse, son ton doucement chantant au timbre de velours nous susurrait les mots de nos savoirs oblitérés
Alors, quand les temps le permettaient, j’allais m’asseoir à ses pieds comme dans les contes démodés et nous devisions de l’amour des livres et de leurs à-côtés, des mérites de nos attaches respectives
Au jeu de cache–cache je me suis dérobée
Quand soudain un raid clanique a fait exploser notre éden
Le soir tant redouté de l’adieu est tombé bien trop tôt
Où était-il écrit que sur les « ailes du vent » il reprendrait sa route ?
Zoé
* * *
Nouménal ?
La scène se passe il y a vingt six ans, elle est là sous mes yeux, aussi fraîche qu’hier. Nous sommes dans la cafétéria, c’est la presse pour obtenir son p’tit noir, entre Kant et Husserl. Un garçon de la section attend son tour devant le distributeur. Assise à la table du fond, je fais un break, l’esprit doucement flottant. Soudain, face à la machine, une étudiante inconnue plonge pour récupérer son gobelet. Un pétard mes aïeux ! Là, juste sous le nez de mon petit camarade. Pourquoi à cet instant nos regards se sont-ils croisés ? Nous nous connaissons à peine, bonjour, bonsoir… Un éclair de connivence, un petit éclat égrillard sous le sourcil qui se lève… En moins d’une seconde, le scénario est plié. Et ce fou rire qui nous prend de conserve. - Qu’est ce qu’y a, qu’est ce qu’on a raté, pourquoi vous rigolez ? S’élève le chœur avide… - Rien, on rigolait…
Sans regrets. Moins d’un lustre plus tard, la Grande Saloperie emportait Didier…
Zoé
* * *
Le rose aux joues.
(Les mots d’une mère…)
(Les mots d’une mère…)
Pouf… !
Le mot a claqué bien plus fort que la gifle.
Un vertige, soudain, devant cette haine jaillie du fond des tripes. Oh ! Ce n’est pas le mot, non, l’adolescente, déjà, en a entendu d’autres dans cette bouche immense, au verbe assuré par tant d’expériences si contradictoires. Lui, elle le connaît déjà, il a servi à en désigner d’autres qu’elle, petite vestale hypocrite, assujettie gardienne du temple des secrets familiaux. Enfant choyée, proclame l’autre, qui ne connaît du mot, hélas, que son épellation dont elle a dû se satisfaire.
Habituellement elle sent venir les vents qui agitent la surface de ce flot impétueux que beaucoup redoutent autant qu’ils le révèrent. Mais ce jour là, non. Oh ! Elle aurait bien dû savoir que sa stratégie d’attaque surprise masquait une faiblesse d’assurance de moyens. Quel démon alors l’a saisie de vouloir ainsi imiter la déesse, singer l’idole ? Quelle pulsion mortifère la poussée à enfreindre la discipline, à rompre le rang, à écarter son voile de grisaille.
Etait-ce ces premiers rayons du soleil printanier, venant traverser les rideaux de la chambre ? Etait-ce les trilles du merle, du haut du vieux poirier, s’époumonant à séduire sa terne femelle ? Ou bien le sourire effronté du jeune facteur derrière son café quotidien ? Rien de vraiment nouveau en tous cas dans le déroulement de son service catalogué.
Un regard nouveau peut-être dans cette glace, dans la lumière sans concession d’un matin d’avril. Pour la première fois, en tressant ses longs cheveux, elle s’est penchée, un peu plus que de coutume. Peut-être est-elle lasse depuis longtemps déjà de n’exister que par cette chevelure ? Pas même sa propriété. L’héritage de son aïeule, lui dit-on, au demeurant partie beaucoup trop jeune pour la chérir… Un legs bien agaçant, lorsque certains posent un regard mélancolique sur la nappe brune. Et le miroir envers cet âge est impitoyable : - Tes yeux sont bien petits, ton front bien trop borné, alors ton teint d’ambre si pâle, peut-être pourrais-tu l’améliorer ?
Le lieu est désert lui semble t-il, la Pythie rend ses oracles à quelques mortels enchantés. A pas feutrés, une petite palpitation sous le sein naissant, la jeune fille a entrouvert la porte de la chambre… Furtive, elle se glisse vers l’autel interdit, parmi ces senteurs musquées qui participent de l’aura de l’autre. Elle se penche vers ce regard inconnu et qui pétille soudain, balaye d’un geste léger ses joues mates du pinceau soyeux au parfum d’encens capiteux, puis, ainsi transfigurée salue l’enfant inconsciente.
Son rire joyeux aura été de courte durée. La violence de la réaction la fige. Un mur les sépare désormais qu’elle pressent infranchissable. Impossible de se reconnaître dans ce regard qui la détruit. Aucun mot de regret ne sera prononcé. C’est le gouffre même de la Pythie qui se révèle dans sa dimension de vide abyssal.
Zoé
* * *
Si vous passez par Baud, n’oubliez pas de rendre visite à
Cybèle, Isis ou Vénus…
Toi, la Grande, je sais que tu m’attends là-bas,
Au pays qui te ressemble et que j’ai fui,
Trop longtemps, trop souvent,
Enfin, plusieurs fois.
J’ai fui ce regard innocent si plein de ta substance,
Ce regard qui accuse mes absences,
Comme le reproche de cela qui ne se dit pas.
Pas avec des mots, pas avec des sons,
Juste avec les yeux, enfin ceux du cœur.
Un cœur qui oserait la chamade, l’abandon, le ridicule,
Oh, jamais il ne tua autre que lui-même
Il est si démuni.
Ensemble nous monterons le sentier, nous gravirons les degrés
Qui mènent au bassin de tes eaux profondes,
Enlacées de nos pleurs et de nos rires,
Nous parlerons des jours anciens ou de nos délires,
Défunts et à venir.
Un jour pourtant, et nous le savons déjà, quelqu’impie fort bel esprit,
Excédé par notre incurable futilité,
Prononcera un nouvel anathème
Alors nous retournerons vers les eaux vives,
Nous remonterons un autre cours,
Celui de nos vendanges tardives.
Là, dans le même éclat de rire,
Nous retrouverons la source malmenée par des butors,
Une nouvelle assomption fera jaillir,
Ouvrant ces bras si forts, doucement croisés sous ta poitrine,
Où niche la patience,
Le souffle qui délivre
Des culpabilités et de la mort.
Un nouveau cycle débutera,
Pour toi, pour moi, pour nous toutes.
Ce sera le fait d’un homme au cœur tendre,
Un de tes fils malmené par ce temps qui ne le connaît pas.
Femme jumelle et si étrange à la fois,
Je sais que tu m’attends, solide, hiératique,
Immuable et monolithique.
Parmi les fleurs et les bourgeons
Ne désespère pas, j’arrive !
Zoé
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