La fureur de vivre en deux actes
La fureur de vivre en deux actes
Acte I
Midi treize. Ça ne me fait pas bondir. Midi treize. Et alors. Je ne vois pas en quoi ça pourrait déranger. Elle ne me gêne pas, cette petite réflexion consciente aboutie. Me voilà déjà obsédée. Pas le temps de faire la grasse matinée. Demain je flânerai... Oui. C'est ça. Demain.
Je bondis de mon lit, fébrile. En un éclair, la question : Je le fais ou je le fais pas, ce lit ? Elle m'agace, la question. Elle me parasite. Allez, je n'ai pas le temps, faut la résoudre le plus vite possible, lettres rouge fluo majuscules clignotantes. Vite fait bien fait, pour être plus vite débarrassée. Hop ! Hop ! Hop ! en deux coups de cuiller à pot.
Je déboule dans la cuisine, virage à 180°, j'appuie sur le bouton, reviens au petit trot à la cafetière.
Gestes précis, pas une erreur. Hop ! Hop ! Hop ! en deux coups de cuiller à pot.
Je suis déjà sur ma chaise. ce fut tellement rapide que j'ai dû me télétransporter. Pas possible autrement.
Main droite à droite. Main gauche en position. R. O. M. A. N. E., trois clic.
Vite, le café. Aller-retour. Ouf. Speedy-Gonzales-caramba. ROMANE-password. Messagerie.
Acte II
J'en peux plus. J'ai la myxomatose. Tête creuse, sonnante et trébuchante. Il fait nuit ! Ça alors ! Je serais bien incapable de dire s'il a plu, si le soleil a brillé ou pas. D'ailleurs, je trouve inquiétant que la journée soit passée si vite. Je tourne la tête vers la pendule. Nom d'un chien ! 4 h 49 ! ! Attends... 4 h 49, mais c'est presque 5 heures ! presque l'aube...
Déconnexion. Fermer l'onglet. Déconnexion. Quitter. Voulez-vous fermer toutes les fenêtres ? Oui. Clic. Clac. Claquée, moi. Pas grave. Je peux dormir demain.
FIN.
Romane - crash LU 2006

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