03 Janvier 2008

Depuis le mieux que l'on peut connaître quelqu'un, si proche nous soit-il, rien ne nous permet jamais de se substituer à lui pour oser penser à sa place. Rien ne nous permet de juger ce qui est bon ou mal pour lui. Rien ne nous permet d'estimer ce qu'il devrait faire ou ne pas faire, penser ou éviter de penser, rêver ou ne pas rêver, entreprendre ou ne pas entreprendre, prendre telle direction plutôt que telle autre.

Nous n'avons pas le droit de nous immiscer à sa place, dans ce jardin qui lui est propre, façonné de ce qu'il est en fonction de ce qu'il a vécu et que nous ne savons pas ou si partiellement.

Et quand bien même un conseil serait demandé, il faudrait prendre la précaution de formuler que la réponse est fait en fonction de soi-même, puisque personne n'est capable de se mettre dans la peau d'une autre personne.

Chacun est face à lui-même pour prendre ses propres décisions, sait pourquoi il les prend, et s'il se trompe c'est son chemin de vie, pas celui d'un autre. Ses propres erreurs ne regardent que lui.

Rester sagement à sa place, en quelque sorte, et ne pas se mêler de vouloir bien en faisant mal.

* * *

Et puis, dans l'authenticité des liens tissés de respect et d'amour de l'Autre pour ce qu'il est, qu'ils soient faits d'amour filial ou amoureux, ou d'amitié, soudain, quand tout est là, si simplement là, désarmé de tout semblant, de tout jugement hâtif et stupide, quand tout est là dans l'écoute et le regard, dans ces liens si rares et ô combien flamboyants... existe-t-il un mot, un seul, pour définir le coeur du coeur dans toute sa splendeur...

Et puis, dans le chaos du monde à lacérer l'enfance, à violer la féminité, à torturer les hommes, dans le chaos du monde des mots tueurs et des gestes d'indifférence, dans la guerre entre tant de soi-et-soi versés sur l'Autre pour ne point en supporter le poids de son soi, dans les refus et les martèlements, dans les marches funèbres, les portes qui claquent, les abandons sous le même toit.... le déroulement soyeux d'une douceur et l'écarquillement des yeux de la naissance...

Et puis "l'inimportance" de ce qui ne fut pas compris.
Parce que l'importance au fond, c'est ce qui l'a été et par qui.




Article ajouté le 2008-01-03 , consulté 363 fois

Commentaires


Romane site : http://liensutiles.forumactif.com/index.htm | le 03/03/2008 à 14:26:06
En te lisant, filo, je me dis qu'on comprend des bribes, comme des flashes, qui s'estompent ensuite dans ce qu'on ne peut pas comprendre.
Décidément, j'aime lire ta philosophie de vie, elle m'accroche toujours très fort.

Pour toi, je retrouve ceci, qui m'avait fait tilt :
"L'homme se possède par éclaircies et même quand il se possède, il ne s'atteint pas tout à fait" (Artaud)

Je vous embrasse tous les deux, Lum et filo.

filo site : filo.bloxode.com | le 03/03/2008 à 14:12:11
Ce qu'il y a d'autre dans notre part de moi n'est pas forcément (ni inversement) proportionnel à ce qu'il y a de moi dans l'autre. Pourtant les gens se connaissent, se rencontrent, s'aiment ou non, passent ou s'arrêtent, intérêt ou indifférence...
L'autre est un Je qui ignore bien souvent comment Je est un autre. Autre jeu que celui de l'empathie.
Parfois on va jusqu'à dire "je te comprends", mais c'est toujours une erreur. Ou un mensonge. On ne comprends personne, on ignore tant déjà de nous-même.
Alors on "va vers" ou pas. Et on reçoit ou non.
Tout un art, celui du coeur.
Lum le 01/02/2008 à 14:32:18
Merci pour ce texte... je ne peux rien dire d'autre.

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