Fleurs noires
Fleurs noires
Fleurs noires
Elles émergent de nulle part, s’érigent vers les drapés d’en-haut
Comme des mains elles oscillent, menaçantes et magnifiques
Royales
Et du sombre de leurs pétales épais d’où émane un chant de guerre
Elles dansent imperceptiblement leur boléro
Le boléro de l’enfer
Somptueux
Parées de la beauté inouïe dont seuls les leurres savent se repaître, de cette beauté meurtrière, destructrice, au bout de leurs lèvres enjôleuses le sourire d’un néant que je ne comprends pas,
Elles dansent…
Somnambulique, je marche
Je marche éperdue, je marche indicible, je marche avec, profondément enfouies dans mon ventre-mémoire, les verts des bois et des sentiers terreux, les senteurs humides des mousses frémissantes de leur vie de mousses par-dessous les bras feuillus, autre ciel, autre monde, autre marche…
Mes pieds n’effleurent pas le sable des fleurs noires
N’effleurent pas…
Avec, dans mon ventre plombé par le scellement d’un baiser chaud, le cercle profond d’un cri…
Des mains sanglantes ont maculé le désert
Rouge sombre, rouge mal, à ronger l’ocre de sa peau de poussières
Cailloux de tout ce temps fossilisé, formes sans destination que celles que lui donne la déchirure des orages
Cailloux blancs, cailloux gris
Aux pieds des noires ravageuses
Ils ne me blessent plus, comment le pourraient-ils, j’ai bu l’eau fraîche d’un lac lisse là-bas
Mes pieds me portent par-dessus leurs tranchants, leurs morsures, leur condamnation, oui, je marche…
Je marche…
L’horizon mange l’ici, comme si tout d’un coup s’étaient franchies les distances
Et les chants trompeurs des fleurs noires dans leur robe d’ébène ne percent déjà plus l’envol des oiseaux,
Ne troublent plus la route de soie blonde que traverse l’onde généreuse d’une aube inattendue
Soudain, elles sont là
Deux
Bleues
Puisant leur force dans la mer de tes yeux…

Commentaires
Romane le 10/02/2008 à 00:18:43Diego ! les fleurs bleues... merci...
Diego Ortiz le 09/02/2008 à 22:56:48
Bleues aussi, oui.