Je ne me tairai plus

Ne tait pas ton Äme...
Ne te tais surtout plus...
Romane Femme.

Jok

 

Non. Je ne me tairai plus jamais. Peut-on se taire quand un seul mot a franchi le bord des lèvres ? Quand tous les autres se pressent, voraces de l'idée qui les nourrit, téméraires dans leur marche en avant ? Je les imagine, fiers et arrogants autant que suppliants. Je les imagine dans leurs haillons d'infortune, eux, puisés au milieu de tous les autres, eux petits, mots du peuple, mots trottoir, mots nuits blanches, eux qui font la manche, les délaissés du beau monde. Ils font trembler la gorge, à s'avancer si résolument vers leur délivrance. Comment pourrais-je les taire désormais ?


Avez-vous connu le silence ? La réclusion qu'on pense à perpétuité avant qu'elle ne se brise sans crier gare, pendant qu'on en crevait ? Non ? Alors vous ne pouvez pas comprendre.


Quitte à me faire rouer de leurs coups, par ceux qui me voudraient sous leur joug, je ne me tairai plus. Combien pressent leur crâne entre leurs paumes, pour ne pas les entendre ces mots là ? Est-il dérangeant de dire ? Qui pourrait coudre mes lèvres, désormais ?


Toi, la prétendue amie qui tissa la toile de l'isolement, araignée de nuits destructrices quand tu démaillais tranquillement mes liens du cœur pour mieux serrer ceux de la quarantaine, toi qui te dis humaine et clairvoyante mais qui prends garde d'assassiner la beauté dès lors qu'elle ne t'appartient pas, toi là-bas sous le ciel d'un or qui n'atteindra jamais ton cœur. Sais-tu, toi, que ton champ de haine déborde de tes propres cauchemars ?


J'ai regardé au creux de mes paumes et n'y ai vu que de l'amour.


Malgré.


Les peuples opprimés, les femmes voilés, excisées, battues, violées, les enfants crève-la-faim, les hommes aux poignets liés,  les murs jusqu'au ciel, les armes bien huilées, les trous dans la terre et les ruines entourées de charniers, les détresses. Et malgré toi.


Malgré mon regard sans concession sur la mocheté indicible de tout ce que l'humain porte en lui, malgré son suicide quotidien, corde tendue entre vie et mort, malgré la fragilité de l'instant, le mouvement perpétuel et l'impossible équilibre, je n'y ai vu que l'amour, dans ce creux de mains.


Et je ne me tairai pas. L'envie de créer, de construire, assise au milieu des émerveillements qui ne cessent plus jamais, cœur barbouillé d'émotions en palette multicolore, l'amour de la vie. Par-dessus tout.

 

Romane



Article ajouté le 2008-03-20 , consulté 350 fois

Commentaires


Romane le 19/09/2008 à 13:05:37
Il suffit d'un mot. Tôt ou tard, tous les autres suivent.

Almalette, ta main dans la mienne toujours, tu sais bien. Je sais bien. Nous savons bien. (rires) Ah bon sang, la vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais au moins on sait qu'on est en vie.

Fafase, je vois que ton frangin a fait suivre le lien, te voilà avec de la lecture en perspective. Je vois que tu as épluché l'album photos, du moins le tri que j'en fais au niveau de mes essais (j'adorerais passer mon temps à de multi clics, tenter des prises de vue impossibles, bref, toujours aussi simple, la Ro)

Bisàvous les filles !
fafase le 18/09/2008 à 22:32:02
se taire ???? parler ????
ha !!! tout un dilemne !!!
par contre, la vie, l'amour, s'émerveiller, créer, accompagner, et VIVRE !!
et oui Romane tu sais dire tout ça et je je t'embrasse
fafase
Romane le 15/09/2008 à 11:00:25
Bon. Nous allons commencer par le début. Samedi, ni maquillage, ni coiffage. Talons plats. Pantalon et tee-shirt qui ne craignent rien.

Samedi, on va faire de la spéléo.
Voui, voui, dans la salle machin, comme d'hab.
Si, si, c'est possible.

Eclat de rire, la Ro !!

P.S : Merci coeur à coeur pour tout "ça"...


eliane d'aquitaine le 15/09/2008 à 10:54:01
bonjour romane ! oui, j'ai eu un aperçu de l'ambiance, de ton talent de comédienne, de cette volonté d'apprendre et de faire passer "ton feu" aux autres. Quant aux kleenex, il en faudra ! tu ne connais pas mes fous rires, sacrebleu !!! ventre saint gris, cornegigouille (comme disait Henri le quatrième que je trouve tellement drôle. Je sais beaucoup de choses sur lui (j'ai lu : il y a des auteurs très documentés). j'espère aussi avoir fait bonne impression aux autres.... je sais : je me maquille les yeux et je fais attention à mon apparence... mais ce n'est qu'une apparence (!) l'amour de ma vie me disait que l'intérieur était encore plus beau (hi hi hiiiiiiiiii !!!!). Toi, tu es une belle âme, je l'ai vu dans ton regard, je l'ai lu dans tes textes. à bientot Belle Ame
Romane le 13/09/2008 à 19:06:57
Eliane ! Quel plaisir que cette première visite sur mon blog ! Tu peux fouiller et commenter autant que tu le souhaites, tu es ici chez toi.
Je suis ravie de t'accueillir au sein de la troupe ! Cet après-midi laisse présager de belles perspectives, bravo pour ces premières interventions et heureuse de savoir que ma méthode te plaise. Tu n'as eu qu'un premier échantillon, un samedi après l'autre vont se tricoter des moments qui, à mon avis, n'ont pas fini de te surprendre. N'oublie pas les kleenex pour les larmes... de rire !
Bises, ma belle ! Et vive le théâtre !

ysandredaquitaine le 13/09/2008 à 18:59:54
coucou romane ! c'est moi éliane. j'ai passé un merveilleux après midi en votre compagnie à tous. j'aime cette atmosphère et ta façon d'enseigner. je sens que j'apprendrai vite.
très fort et beau ce que tu as écrit plus haut
almalo le 08/09/2008 à 19:30:37
pareil. Tout tout tout pareil.
Je ne peux rien dire d'autre, tu as déjà tout dit, et avec quelle force, quelle vie...Merci.
Romane le 07/09/2008 à 20:47:09
Je ne me souvenais plus de ce texte. C'est toi qui me le fais redécouvrir, un peu comme s'il n'était pas le mien. Toi, oui Toi, n'est-ce pas une double coïncidence ?

Farouche le 07/09/2008 à 20:38:14
Ma 1ère visite ici, promenant au hasard, il fallait que je tombe sur cette page-là, n'est-ce pas ? Pas n'importe quelle autre, non ! Celle-là !
Tu sais déjà combien j'aime tes mots... tu le sais, hein, dis ?
Romane le 15/04/2008 à 23:54:19
Pascal ? Tu m'en ferais rougir ! Ici n'est qu'un texte sans travail, un simple billet-pensée, comme on lâche trois mots parce qu'il faut que ça sorte un jour où l'autre. Je me libère, par ceux-là, de l'obstination de quelques uns (ou plutôt de quelqu'une) à vouloir me cadrer dans sa propre conception de ce que JE suis, et je refuse, et je refuse, et jamais personne ne m'enfermera ni n'enfermera mes mots, ce que je suis.

Et puis, juste ajouter qu'il faut être soi pour se connaître un tout petit peu mieux que ce que les autres voient de soi. Qu'on ne me redise jamais, plus jamais : je te connais mieux que ce que tu connais de toi-même.

Car dans cette affirmation, je n'y vois que bêtise et petitesse.

Les règlements de compte prennent parfois des chemins détournés. Celui-ci en était un.

Merci de m'avoir lue, et d'avoir aimé tel que dit, sans fioritures ni travail, simple cri du coeur.

Amitié à toi, Pascal.
Ro
Pascal Truchet site : pascaltruchet.over-blog.com | le 15/04/2008 à 14:55:04
Voilà! Quel style! Quelle force! Quel allant et en même temps quelle maîtrise! Un grand OUI, une vraie écriture qui célèbre et condamne tour à tour car au fond l'un ne cessera d'impliquer l'autre.
Romane le 21/03/2008 à 11:54:04
Ce n'est qu'un billet d'humeur, à peine l'esquisse de deux trois bricoles dont j'ai besoin de me débarrasser parce qu'elles encombrent.
Je pense que je pourrais en faire quelque chose, de ce billet. Ce n'était ici que trois mots jetés pour les dire, je pourrais le couper en deux. A suivre. C'est possible que ça vienne.
Merci de ton passage, l'ami !
Je te bise.

Ernest J. Brooms site : www.broomse.com | le 21/03/2008 à 11:35:08
Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
Faut-il se taire, faut-il écrire ?
Est-ce par amour ou par pitié ?
Je n'ai pas le coeur à le dire...

Bravo RO, j'aime ton texte et tes mots habités de maux et d'amour...

EJB
Romane le 20/03/2008 à 23:11:12
A toi, Gohelan, à qui j'en dis tant ! Et de qui j'en reçois tant ! Nos mots liés de toute cette affection, rien que du bonheur.
Je t'embrasse, mon frangin.

gohélan le 20/03/2008 à 23:01:58
bonne nouvelle. Un mot gardé fait tant de mal. Mot dit, délivre nous du mal . Je ne m'étale pas, tu sais par ailleurs ce que j'en pense...je voulais te marquer mon passage fraternel. Bises.
Romane le 20/03/2008 à 22:48:49
Diego, tu vas bien mon grand ? Je peux faire quelque chose pour toi ? lolll
Merci de ton passage. Il me ravit toujours, tu le sais.
Je t'embrasse.
Diego Ortiz le 20/03/2008 à 22:39:38
Ouu
Ouuai
Ouuii
Ouiiih
Ouaaaaah
Merci
Encore
Diego
Bzz Bzz

Romane le 20/03/2008 à 20:20:26
C'est toujours bonheur de te voir pousser la porte d'ici, Alain. Tu sais, le tien, de coeur, n'est pas mal non plus. Tu donnes beaucoup aux autres. Pense-tu à prendre soin de toi aussi ?
Bisous affectueux.
AlanGar le 20/03/2008 à 20:18:30
Non, très chère Romane, tu ne te tairas pas !
Il est trop tard... Ton Coeur, si grand, déborde plus que jamais... dans l'infini de l'amour.
C'est à dire de la seule et vraie richesse qui nous empêche de ne pas exister !
Que c'est beau !
M E R C I.

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