Ciboulette - Romane 2008

Ciboulette

Création 2008 de Romane
Ecrite pour l'atelier enfants

Durée : 45 mn



L'histoire

Elle se passe dans les années 60, dans une vieille ferme d'une province française. L'on décide de marier la plus jeune fille au fils du boucher, histoire de faire d'une pierre deux coups ; elle sera casée, et ce mariage profitera à l'intégralité de la famille, puisqu'on offre en guise de dot la plus vaillante des laitières de la ferme. En contrepartie, le futur beau-père assure la livraison de viande fraîche chaque dimanche.
Mais la future épouse ne l'entend pas ainsi. Elle en pince pour Charles, riche parisien qui lui promet célébrité et vie de paillettes dans la Capitale...

Les personnages

Louis, le père

Edith, la mère

Simone, la fille aînée mariée

Lucien, le gendre

Solange, la fille à marier

Raoul Boivert, le fils du boucher

Raymond Boivert, le boucher

Charles de Vernoux, le parisien

Note

Le texte (disponible, comme tous les autres, si ça intéresse quelqu'un) requiert de la part de la personne qui dirige le groupe d'enfants, une attention plus soutenue que pour n'importe quelle autre pièce ; la pièce est plutôt d'un style destiné aux adultes, dépourvue d'humour sauf par petites touches, et les dialogues ne sont pas simples car certains mots du vocabulaire sont inconnus aux enfants.
C'est la pièce la plus difficile d'entre toutes, compte tenu de ce pari. Mais je le précise ; tout à fait faisable.

Des photos suivront, si je parviens à en réunir quelques unes (je suis dans l'impossibilité d'en prendre moi-même, puisque j'assure une partie de la régie pendant les spectacles)




Article ajouté le 2008-08-15 , consulté 277 fois

Commentaires


Romane le 11/09/2008 à 23:32:53
Cette pièce fut un défi. Cette année-là, le groupe d'enfants comportait des nouveaux, dont une petite fille qui n'avait pas sept ans, et ces nouveaux n'avaient jamais fait de théâtre, certains étaient très timides.

Moi-même intimidée par la fragilité de ces enfants, vous savez, les enfants sont comme des petits oiseaux, la tempête peut les faire tomber du nid... intimidée, donc, je me suis longtemps demandé comment j'allais pouvoir contourner le problème, ou plus exactement le retourner, l'inverser.

Après de nombreux exercices collectifs et individuels pour planter les racines, j'ai décidé soudain que le meilleur moyen de rassurer tout le monde était de poser un défi.

Aussitôt dit, aussitôt fait. J'ai planté mentalement le décor dans un lieu hostile et désuet, y ai inventé des personnages arides, et une histoire d'adultes. J'ai prévenu les enfants : ce sera difficile, mais on va y arriver, et ce sera une surprise pour tout le monde ; vous et moi, mais aussi le public.

Pari tenu, pari gagné. Tout au long de l'année, nous avons travaillé cette pièce pas comme les autres. Il fallut entrer dans la peau de ces personnages qui auraient pu avoir l'âge de leurs arrière-grands-parents, utiliser leur vocabulaire, dans leurs manies, dans leur atmosphère. Il fallut expliquer des mots nouveaux, et ça n'a pas été facile de trouver les définitions de "spéculations" par exemple, pour les tout petiots. Un texte très difficile à apprendre. La petite de pas tout à fait sept ans (anniversaire en mai je crois), tenait l'un des rôles principaux. Il lui fallait de l'aplomb tant physiquement que dans le ton de la voix. Une force particulière. Elle a tenu.

Les textes ont été sûs par coeur. Difficilement pour deux d'entre eux, mais à force de ténacité jusqu'au jour même du dernier filage avant spectacle, nous avons tenu bon.

Pendant la représentation, l'un des enfants avait 40 de fièvre. Qu'à cela ne tienne, il a assuré, et lorsqu'il avait un début de petite faiblesse, c'est la petite de 7 ans qui le rattrapait magistralement, comme n'importe quel adulte devrait savoir le faire.

Il avait fallu confectionner un rosbeef au dernier moment, accessoire incontournable de l'une des scènes. J'avais trouvé un grand tissu en soie rouge ; roulé et ficelé on aurait pu confondre avec un vrai... C'était sans compter la surprise de l'un des jeunes comédiens qui, le découvrant, ne parvint que difficilement à s'en détacher les yeux. C'était hilarant, je pouffais en silence depuis la régie, mais ça tombait bien puisqu'il était question de ce morceau de viande "de plus en plus petit pendant qu'il devenait de plus en plus cher". Plus ahuri que ça, tu meurs...

Applaudis debout par le public, scandés même sous les applaudissements qui n'en finissaient pas et les exclamations qui fusaient, ces enfants ont été la cause d'un trac épouvantable pour les adultes, qui, dans les coulisses, attendaient leur tour. Stupéfaits de la prestation de ces petiots.

Je les salue d'ici et maintenant. Parce qu'ils le valent bien.



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