L-ivre cours

Entre les soies d’une brume sombre
Au centre de l’obscurité
Là où l’angoisse déploie ses tentacules
Sur la marche hasardeuse de l’âme perdue
Jaillit soudain dans la stupeur
L’éclatante coulée d’or d’un soleil

 

* * *

Sous l’arbre à pétales
Bras en croix sur l’herbe fraîche
Regard levé au bleu d’en-haut
Avec
En-dedans moi
Le crépitement poignant du remerciement
A l’indicible…

 

* * *

Je vous écris d’un calame fragile
Je vous écris des verbes d’eau et des mots clapotis
Je vous écris sur le sillage d’un instant
Dans la fulgurance de l’éphémère
Et dans l’urgence de mon âme

 

* * *

Dans les griffures sporadiques
Qu’avait plantées la rudesse des hommes
Sur la peau tendre et douce de l’innocence
J’ai choisi l’ongle d’un peu de leur zébrure
Pour orchestrer l’orage d’une liberté blanche

 

* * *

J’ai le cœur sans pupilles et le sourire aux lèvres
Comme un rire plaqué contre un chagrin caché
Dans la marche éperdue à faire semblant sereine
A faire comme si le bleu des plis du drap ouaté
Pouvait s’ouvrir soudain sur la route éclairée…

 

* * *

Et quand les amoureux un peu
Dans la désinvolture de leurs mots beaucoup
Dans l’insouciance de leurs gestes passionnément
A la loterie des fausses amours à la folie
Auront achevé le massacre des pétales pas du tout

Peut-être trouveront-ils le chemin
Lumineux profond je t’aime

 

* * *

Te souviens-tu ?
Tendre chair de l’enfance aux rêves éclatants
Et le chant que ta gorge roulait vers les pierres du ciel
Et les rides au front de l’aïeul quand elles disparaissaient au baiser sur sa joue
L’eau claire dans la cruche d’une table joyeuse
Et la morsure de tous les printemps sur les bords de ton cœur

Et tu es là encore
Prêt à renaître à toi-même
Et au monde.

 

* * *

J’ai scruté l’horizon jusqu’à toucher sa main
Et quand je suis entrée dans la gorge du bout du monde
Là où tout bascule dans l’ignorance d’au-delà
Ses bras se sont refermés sur la mémoire d’avant.

 

* * *

Tant qu'il faudra des haches
Des chars des obus le cliquetis de la ferraille à tirer
Des murs rouges
L'obscurité des cachots
Et des barbelés
Pour que les hommes se pensent hommes
L'Homme sera plus bête que le moins intelligent de tous les animaux...

 

* * *

Le voile fut posé
Au front de la mariée
Et la mariée était belle
Belle d'un jour
D'un jour seulement

 

 

Romane



19/05/2013
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