La prise de risque

Le seul jour où on nous colle un flingue sur la tempe, c'est celui où un homme et une femme nous fabriquent. Alors il n'y a plus d'autre choix que d'assumer la prise de risque de vivre. Je ne connais pas un geste, pas un mot, pas même une inertie qui ne soit pas une prise de risque.

A partir de là, faire sortir un bout de colère, une émotion pure, des larmes, des gestes justes, un regard direct, seul ou en public, prendre une allure qui n'est pas la nôtre, jouer un personnage qui ne nous ressemble pas, ne revêtira jamais la puissance de la prise de risque de vivre. Juste un tout petit instant où on prend conscience de ce qu'est une prise de risque, en oubliant qu'on le prend à tout moment, n'importe où, n'importe comment, sans y prendre garde.

 

La conscience dérange. Elle oblige à sortir de la planque, à se poser au centre de la lumière, à être. Nu. Sans fards.

Le regard des autres n'est pas pire que le regard qu'on porte sur soi-même.
Celui des autres n'est qu'une suite de ricochets contre l'ego, il disparait aussi vite qu'il était apparu.
Le nôtre nous empêche. De prendre des risques dans le risque de vivre. De vivre.

Lâcher prise, et vivre.

 

Romane



31/03/2013
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