Quand "Pavillon Camille Claudel" fait bouger les neurones

Première jouée le samedi 8 Juin 2013

 

Alors donc, je suis follement heureuse du succès remporté par cette dernière création scénique : Pavillon Camille Claudel.

 

Les professionnels du monde psy ont fondu sur  nous pour nous demander comment nous avions pu rendre aussi précisément et dans une telle justesse, l'atmosphère des établissements psychiatriques, l'isolement des personnes internées, leurs obsessions, leur détresse, les prises de bec du personnel médical, et pointer du doigt les points récurrents de cet univers.

 

Les non professionnels psy se sont précipités vers nous pour nous dire à quel point tout cela résonne en eux (et je suppose que confusément nous sommes tous concernés parce que nous sommes tous enfermés  dans une forme de solitude ?)

 

Les spectateurs théâtreux se sont demandés comment des comédiens amateurs avaient pu jouer avec un tel degré de professionnalisme.

 

Et pour une poignée de spectateurs lambda : quand l'interprétation devient des plus fantaisistes à partir du moment où ceux qui la formulent sont à côté de la plaque, ça fait pousser des perles de stupidité renversante. Comment est-il possible à un spectateur de confondre le comédien et le personnage qu'incarne ce comédien ? Comment lui-est-il possible de croire qu'un auteur n'écrit que ce qu'il a vécu et qu'il n'explore pas la fiction ou ce qu'il a observé qui pourrait lui donner l'envie de traiter un sujet quel qu'il soit ? Et ont déclaré que le théâtre, c'est fait pour rire et pas autre chose. Mais enfin, comment peut-on être aussi rétréci pour réduire la créativité à cela ?

Non, les comédiens n'ont pas souffert. J'ai même appris que les insomniaques retrouvaient leur sommeil, et ils se sont éclatés tout le temps de la mise en scène.

Ah mais attention, ils ont du travailler sérieusement sur le jeu du comédien, et ils ont appris de quoi grimper un échelon supplémentaire sur la qualité et le perfectionnement de leur pratique théâtrale. Ils ont pratiqué le lâcher-prise, ce merveilleux cadeau qui offre des instants de grâce indescriptibles. Et je leur dis : chapeau bas, vous avez été éclatants et vous le serez encore et à jamais.

 

Et enfin, pour lever le doute sur la source de cette création : que personne ne fantasme, vous ne trouverez rien de ma vie privée dans cette histoire, et je vais très bien, merci.

L'idée m'est venue parce que j'ai commencé à peindre sur toile il y a quelques mois, et que ce faisant, j'ai songé aux nombres d'oeuvres d'art que nous avons perdues quand Camille Claudel a été internée (les trente dernières années de sa vie).

J'étais allée visiter quelques années auparavant ce magnifique musée d'Art Brut à Lausanne, qui m'avait beaucoup impressionnée par ce que chaque oeuvre dégage. Je me suis d'ailleurs procuré un ouvrage extra (L'Art Brut - Flammarion), que je conseille à tous ceux qui s'intéressent à ces oeuvres étranges composées par des êtres étranges.

Et enfin, le hasard a voulu qu'il y a quelques années j'ai pu observer quelques scènes en établissement psy, lors de visites rendues à des amis.

Il n'en fallait pas davantage pour que le sujet me passionne et fasse son chemin dans mon esprit.

 

Conclusion : l'ensemble des réactions du public est un formidable hommage au travail que nous avons fourni. Et que la fête continue !

Décidément, je crois qu'on a pas fini d'explorer le genre humain.



11/06/2013
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