Sécheresse

Le soleil tourne dans le ciel comme une meule à craie. (*)


Et la ville blanchit. Ses toits, ses antennes, ses places, ses rues, ses avenues. La ville vieillit sous ses ombres blanches. Elle courbe le dos, ploie encore et puis encore un peu plus. La ville se tasse de fissures en craquements, autour de la fontaine asséchée.

 

Le soleil tourne encore, par-dessus le crissement des paupières que fend à peine la volonté d’échapper à la cécité.

 

Les hommes ont blanchi, comme la ville, comme les rues et les platanes. Ils sont devenus leur père, leurs aïeux, et leurs enfants vacillent déjà, voûtés sur leur canne. Tous crayeux, dévorés par le masque aveuglant, recroquevillés à l’intérieur d’eux-mêmes où la fraîcheur n’est plus que poussière.

 

De mémoire de pierres, jamais le soleil n’avait été aussi écrasant blanc craie.

Les hommes, eux, buvaient délicatement l’eau de leurs souvenirs, qu’ils avaient jadis dilapidée.

 

Romane

(*) Jean Giono – Rondeur des Jours

 




10/04/2013
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