Troc en toc

Je vois

Je vois le vouloir tout à trop tendre la main au bout d’un cœur famélique

Et leurs bouches tordues dans une grimace

Que rendent obscènes les rires en ricochets

 

Je vois

Je vois l’attente sourde

Battant anarchique le pavé sous le sein

La sueur dégoulinante le cou saillant de ses veines de labeur

Je vois leurs fausses perles leur faux sourire

Leurs pauvres lampions de papier aux couleurs d’espérance

Le faire semblant heureux malgré

Sous la faux de la misère

Je vois

 

Je vois

L’amour défait sur la couche d’une  heure

De mille nuits autant d’amants

Qu’on oublie à la chaîne d’une consommation flash

Fantasmes empilés aux pieds de la déliquescence

L’ivresse dans le verre épais  mémoire désemplie du vin léger

 

Je vois le nouveau-né déjà si vieux

Trop saigné pour tenir une heure de plus

Et les cuisses des femmes en fleurs de viols

Et leurs cris trancher la logique d’un paradis perdu

Je vois

 

Je vois

Le troc en toc je te donne ma vie tu me donnes la mort

 

Marche enfoncée dans le sentier piégé entre deux serres

Couloir labyrinthique

Avec par-dessus un ciel chargé de poudre

Et au bout

Tout au bout là où la chance pourrait rassasier

L’issue 

Et derrière elle les mailles bien serrées d’un filet

Que tiennent ferme les poignes des obèses

 

 

Romane



24/02/2013
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