Aveuglette

 

 

Je sais qu’il n’y a pas d’âge

Pour marcher pieds nus sur les pierres coupantes

Dans la limaille de nos décombres

Des peaux mortes de la mue qu’on ne finit jamais

Qu’il n’y a pas de direction

Qu’il faut marcher à l’aveuglette

Main tendue vainement à chercher ce qui n’existe

Que dans nos fantasmes d’enfants perdus

 

Je sais qu’il faut

Criblés des dettes que nous laisse l’attente

Ne jamais arriver

Ne jamais poser l’ancre ni croire les murs les plus infranchissables

Parce qu’ils se traversent malgré eux dans l’errance du cauchemar

Leurres au fond des yeux

Petite victoire misérable

Le semblant d’un élément tangible même insupportable

 

Je défie l’humanité

De trouver l’oasis le paradis rêvé le but ailleurs que dans la mort

Et même après

L’image tranquille d’une âme en flottement sans douleur

 

Alors marcher marcher jusqu’à perdre raison

Gagner la folie qui dormait

Dans le couloir de notre cécité

 

Romane



12/02/2013
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