Foot' age de gueules cassées

 

C'est bien c'que je pense : le monde est bancal.

 

Il s'en va de traviole, comme un ivrogne qu'aurait tout liquidé plus fort que d'habitude

 

Comme un plan incliné qui ne voudrait plus se redresser, un bateau en train de couler, un avion en chute libre, un train qui déraille en emportant tout sur son passage

 

Comme une voix cassée sur des fausses notes, une guitare désaccordée et les mariés qui ne se reconnaissent pas, les gosses qu'on perd dans la foule,

Des fringues trop petites ou trop grandes ou détricotées, détissées, effilochées, bonnes à jeter

 

Comme un moteur qui crache ou qui s'emballe, ou une valise qui déballe son trop plein sur le trottoir d'une ville hostile

 

Il s'en va en errance, le monde, et nous avec, toi et ton air d'y voir clair qui n'y voit rien, l'autre avec son air de tout comprendre et qui n'y pige que dalle, la porte qui claque aux courants d'air, qui claque au nez et c'est fini, t'as encore un coup dans le pif et tu titubes à l'envers du monde

 

Inutilement

 

Avec rien entre tes doigts

 

Et tu te dis "la coupe est pleine"
D'ors et de bravos
Bleu blanc rouge on a gagné
Rien


Regarde tes doigts

Ils saignent encore des heures où t'as trimé
Et tu trimes encore à l'endroit à l'envers au plafond de leurs lois
Pour finir sur un lit à crier des mots que personne ne comprendra
En attendant la fin

Qui justifie leurs moyens

 

Romane



18/07/2018
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