La dernière porte

Clac.

La porte s’est refermée.

Et puis quoi ?

Clac comme un claquement sec entre le tumulte de l’autre côté et le silence d’ici

Comme une brisure

Un basculement

Une coupure

 

Tranchée des petites futilités

De la marée étourdissante

Ces pas sur le pavé, ces allées et venues, monter les escaliers, descendre les escaliers, entrer, sortir,  avancer, tourner, tordre les avenues, les tunnels, les arches, les autoroutes, les halls des théâtres rouges, les lustres des magasins chics, les néons des petits prix, du show biz, des croisières à deux mille désœuvrés, des réseaux, des télécommandes, des contraceptions et des avortements, des poèmes roses, manipulations, effroi, béance…

 

Ça fait comme un chaos dans la tête

Tout ce silence tombé en avalanche

Ce vide qui m’avale dans le profond de la nuit

De l’abîme

Sans direction

Sans issue

Muet

 

Et le clac

Résonne comme une condamnation

Brutale

Sans concession

Il n’y a rien à dire rien à faire rien à vouloir rien

Rien

 

Je me pose à l’angle d’un trou informe

Infâme sans odeur sans texture

Neutre

Ou plutôt je me laisse glisser au sol

Recroquevillée dans l’hébétude

Il faudra bien l’apprivoiser

Ou mourir

 

On meurt toujours seul

Même agrippé aux mains des vivants

Même dans le chemin à l’envers aux temps sépia de la mémoire

Là bas loin quand un caillou un pot de confiture un ruban un rire un baiser

Quand c’était hier

Une autre vie

Multiple

 

J’ai donc vécu tout cela ?

Etait-ce bien moi ?

 

Ou une autre

Cent autres

Toutes différentes chacune unique

Une autre que moi  zébrée de cicatrices

Maintenant

En cet instant précis

Dans l’obscurité du silence

Que martèle ce qui ne reviendra plus

 

Je suis riche aux mains vides

Désarmée

Immobile

 

Et soudain

Sans mot

 

Romane



12/02/2013
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