Lâcher-prise

 

Elle disait

 

Si j’ai le temps de compter jusqu’à cinquante sept sans respirer sans respirer poumons bloqués jusqu’à l’après limite du possible sans trembler sans réfléchir surtout pas vaciller juste compter sur soi parce que le temps s’en fout insignifiance dans l’impermanence a vomir le vertige et l’absence dans la folle folie de l’amour dans la haine de l’amour dans l’amour de l’amour parce que pourquoi sans lui serait possible s’il ne l’est pas déjà et qu’il faut tenir sans hésiter dans le pari du tout ou rien ce sera tout sans autre concession que l’ultime étouffement par manque par manque par manque au ventre dans le gouffre torturé du manque au ventre de l’âme et du cœur asséchés par la démence de l’incapacité de bouger statufiée de sel aux crissements à obstruer les yeux qui n’en peuvent plus de mourir dans l’étranglement du silence et la terre s’en fout la terre tourne ils vivent désinvoltes indifférents au manque à compter trois de plus…

 

Demain n’existe pas

 

Romane

 

 



10/02/2013
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