Un jour d'un autre matin

Un jour d'un autre matin

Je sais bien qu’un jour d’un autre matin
Les coutures de sa bouche sauteront sous la pression d’un cri de jeune accouchée
Même si ce jour-là elle a cent ans
Même fourbue même rouée des coups des claquements de ses verrous

Et son cœur en haillons des amours déchirantes
Finira bien par ne plus hoqueter d’incohérence
Sous la lune noire de ses nuits blanches à dépecer le temps
Quand ses ongles grinçaient
Agrippés à leurs propres barreaux limés sans jamais être mis à terre

On a bien que le visage qu’on veut montrer
Ou qu’on peut
Quand il ne reste de lui que les leurres convenables
Pour ne pas déranger, ne pas déranger
Ne pas déranger…

Ou pire
Protéger ce qu’on veut démolir
Par manque de hache ou de fusil ou bêtement d’idée
En triste carrousel dans les cernes d’un regard enfermé
Et qu’on se croit grosse de cet enfant-torture qu’on n’a pas voulu
Dont on ne sait comment le dégringoler sans en porter encore le poids

Et qu’on ne sait pas tuer

Je sais bien qu’un jour d’un autre matin
Une cavalcade de doigts emportera les siens dans une course échevelée
Vers ailleurs n’importe où droit devant
Sous un ciel apprivoiseur dont l’inconnu ne sera pas effrayant

Un jour d’un autre matin…


Romane


03/10/2008
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