Après tout, on est rien

Je suis quoi  moi  avec mon sac de mues

Toutes ces peaux d’avant

Déchets du temps passé du temps passant du temps pas

Du temps fui du temps fut

Comme un tonneau percé à la cave des ivrognes

Dix doigts ne suffiraient pas pour en boucher les trous

Décontenancés devant les vieilles peaux

Les vieux souvenirs

Les vieux tout court

Parce que j’y vais à leurs rides

Un jour et puis un autre dans le temps qui passe

Passe

Ecrasant

En crasse ans

En crissant de sa rouille de moi de vous de nous

Après tout

On est rien

Ou si peu qu’on est rien

 

Le menton du jour neuf posé au creux des mains

Je vais entre ses jambes au petit matin frais

Entre la brume de ses hanches

Au cratère d’or de son nombril

Mais c’est lui qui défait ma chevelure

La triture

La désordonne en riant de ses dents de lait

Avant de poser un pied

Sur la tombe du soir

 

Jour

Dis

Jour

Dis-moi

Combien de peaux encore

Le sac est plein

Gros de toutes ces morts

Et de ses renaissances

Combien de peaux encore

Jusqu’aux bras de la paix

 

Les doigts m’en tomberaient

S’ils ne s’accrochaient pas à l’instant.

 

Romane



19/05/2013
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 68 autres membres